Nos banquiers boudent l’Europe

Après les PME, qui ont toujours dénoncé la frilosité des banques, et certains responsables gouvernementaux qui leur reprochent un manque d’implication dans la mise à niveau, c’est au tour maintenant de banques étrangères de s’y mettre.
En effet, La Vie éco a appris que les représentants de plusieurs banques européennes au Maroc ont fait part, récemment, aux pouvoirs publics de leur inquiétude de ne pas voir les banques marocaines s’impliquer dans les mécanismes dits de «crédits acheteurs». De quoi s’agit-il? Dans le cadre de la promotion de leurs produits de financement du commerce international (trade finance), plusieurs établissements européens proposent des lignes de crédit destinées aux importateurs marocains des produits d’équipement, fabriqués dans leurs pays respectifs. Le mécanisme consiste pour la banque étrangère à financer en devises l’achat d’un bien d’équipement par l’entremise de la banque marocaine qui endosse à la place de l’importateur le risque de défaillance. Le taux de ces crédits étalé généralement sur 5 ans se situe à un niveau très compétitif de 3% et la banque marocaine, qui agit surtout en tant qu’organisme de garantie, pratique une marge additionnelle de 2 points. Ce qui situe donc le taux de sortie à 5%, rendant le package très intéressant aussi bien pour la banque que pour son client.
Avec une marge assez confortable, le risque étant faible dans ce genre d’opération, les banques marocaines devraient normalement s’empresser de vendre le produit. Et pourtant, selon un responsable d’une banque étrangère qui préfère garder l’anonymat, elles ne font rien pour commercialiser ce genre de produit, préférant prendre en charge elles-mêmes le financement par des lignes classiques évidemment à taux plus élevés.