Microcrédit : mise à  niveau forcée

Les associations doivent obéir aux règles prudentielles.

Ce vendredi 5 septembre sera décisif pour les associations de microcrédit. C’est en effet ce jour-là que se tiendra la première réunion de Tarik Sijilmassi, président de leur fédération nationale (Fnam) – et par ailleurs président du directoire du Crédit agricole – avec Abdellatif Jouahri, gouverneur de la banque centrale. Objectif : entamer le chantier de la mise à niveau des comptes des associations de microcrédit.

Elu au mois d’avril à la tête de la Fnam dont il est membre en tant que président de la fondation Ardi, M. Sijilmassi avait, entre autres ambitions, promis d’ouvrir le chantier de la gouvernance du microcrédit. Un chantier qui englobe la mise en conformité des comptes et des méthodes de gestion avec les règles prudentielles édictées par Bank Al Maghrib, à l’instar de ce qui se fait pour les banques.
L’action, dont l’objectif est louable, suscite pourtant des craintes chez les patrons des petites associations.

Car, lorsqu’il s’agit d’améliorer le coefficient de division des risques ou le ratio de solvabilité en renforçant les capitaux propres, beaucoup de petites structures risquent de ne pas avoir les moyens financiers de cette mise à niveau et donc de disparaître. «Nous sommes prêts à les aider», promet le président de la Fnam. Ce dernier, tout en avouant qu’il y aura forcément de la casse, essaie de trouver des solutions pour en limiter les effets.

Durant ce mois de septembre, Tariq Sijilmassi a décidé de recevoir individuellement tous les patrons des petites associations et d’examiner avec eux les besoins et actions à mettre en œuvre pour les aider à se conformer aux nouvelles règles. Rappelons qu’à ce jour les 13 associations de microcrédit gèrent environ 1,4 million de clients pour un encours global de crédit qui avoisine les 5 milliards de DH.