Maroc Telecom : une vente sous pression

les marchés avaient besoin de visibilité

La cession à Vivendi Universal des 16% de Maroc Telecom a pris par surprise tout le monde. Elle a eu lieu jeudi 18 novembre, jour férié, mais surtout quelques jours avant le lancement de l’opération d’introduction en Bourse de l’opérateur historique. Certes, la transaction était attendue, mais pas avant le début de l’année 2005. D’ailleurs, dans un long entretien accordé à La Vie éco, en septembre dernier, Fathallah Oualalou, ministre des Finances, avait confirmé ce schéma et, jusqu’à la première semaine de novembre, on était resté dans cette configuration. Que s’est-il passé pour que l’on se décide à mener une véritable opération commando et à vendre, en quelques jours, ce sur quoi on a passé deux ans à négocier ?
En fait, comme nous l’expliquent des sources proches du dossier, «ce n’était pas un choix mais presque une obligation». Pourquoi ? Tout simplement parce que, dans la perspective de l’introduction de Maroc Telecom sur le marché financier, des investisseurs institutionnels, à Casablanca, mais surtout en Europe, ont attiré l’attention de l’Etat marocain sur un problème de taille. Leur théorie est la suivante : un investisseur institutionnel hésiterait à entrer dans le tour de table d’une entreprise, alors qu’il ne connaît pas le partenaire stratégique. Autrement dit, il fallait que Vivendi devienne majoritaire pour donner plus d’assurance aux marchés financiers. Et c’est pour ne pas compromettre l’opération que Fathallah Oualalou a décidé de vendre. Certes, on aurait pu en tirer un peu plus après un plébiscite sur la Bourse, mais il n’en demeure pas moins que la transaction avec Vivendi est une très bonne affaire. Maroc Telecom a été valorisée à près de 7 fois son excédent brut d’exploitation (EBE), ce qui fait d’elle l’une des entreprises de téléphonie les mieux valorisées au monde. Le record est détenu par Vodafone évaluée à 8 fois son EBE.

M. Oualalou a préféré vendre vite pour rassurer les institutionnels quant au partenaire stratégique.