L’usine Renault de Tanger agace les Espagnols

Avant même que ses fondations ne soient construites, l’usine tangéroise du groupe Renault-Nissan mécontente déjà notre voisin du nord. L’UGT, une des principales organisations syndicales du pays, est récemment montée au créneau pour dénoncer le plan social que compte appliquer Nissan pour son usine de Barcelone, qui compte près des 3/4 de ses effectifs ibériques. Le constructeur japonais envisage, en effet, d’y supprimer 37% des emplois, soit un total de 1 680.

Motif invoqué par la filiale à 44% de Renault : chute générale du marché automobile ibérique. Ce dernier a en effet enregistré une baisse de 32% des immatriculations sur les neuf premiers mois de l’année 2008, la chute étant encore plus accentuée pour les modèles tout-terrains qui représentent l’essentiel de la production de l’usine catalane.

Une explication qui ne semble pas satisfaire l’UGT qui affirme que le groupe Renault-Nissan compte transférer une partie de sa production catalane vers le futur site de la zone franche du port Tanger-Med, alors qu’il est de notoriété publique que la future unité devrait être dédiée à la Dacia Logan dans ses différentes déclinaisons.

Outre quelques commentaires radicaux véhiculés par une certaine presse, laquelle analyse la décision de l’alliance franco-nippone comme découlant d’une «politique anti-espagnole», l’Etat espagnol a également réagi au plus haut niveau.

Miguel Sebastian, le ministre de l’industrie du gouvernement Zapatero, s’est même rendu en personne, la semaine dernière, à Paris, pour interpeller le président de Renault, Carlos Ghosn, sur la présence de son groupe à l’avenir en Espagne, groupe qui compte dans ce pays, à ce jour, plus de 23 000 personnes (Renault et Nissan).