Lorsque RSF défend la MAP !

«Said Ida Hassan, correspondant de l’agence de presse d’Etat marocaine MAP, a été expulsé manu militari d’une conférence sur le Sahara occidental, le 21 avril au soir, au centre culturel Ateneo de Madrid». C’est ce qu’on pouvait lire en substance dans le communiqué de l’assocation Reporters sans Frontières (RSF), qui a dénoncé le traitement dont a été victime le journaliste de l’agence de presse. Venu assister à une conférence pro-Polisario sur l’avenir du Sahara, il s’était vu refuser l’accès au bâtiment malgré que tous ses papiers étaient en règle. L’exclusion de journalistes de la MAP de conférences similaires n’a rien d’exceptionnel : il y a eu des antécédents… sauf que, cette fois-ci, l’acte a été condamné à la fois par le Syndicat national de la presse marocaine et… RSF.

Désormais placée sur un pied d’égalité avec les autres titres de la presse, la MAP profite en toute vraisemblance du réchauffement des relations entre l’organisation et les autorités marocaines, après les entretiens qu’avaient eu son secrétaire général, Robert Ménard, au mois de mars dernier, avec des parties officielles.

A RSF, on tient toutefois à nuancer ce constat : «Il n’y a pas eu de changement de politique envers le Maroc». Selon l’organisation, si les expulsions assez fréquentes de journalistes marocains des rencontres tenues en Espagne sur le Sahara n’ont pas entraîné de réactions de sa part jusqu’à présent, c’était parce qu’«on ne nous avait pas averti, tout simplement». Cette fois-ci, l’information est passée car le journaliste concerné a prévenu l’ONG.