L’ONU mauvais payeur

Elle maintient la paix à  crédit.

Si l’impact du conflit du Sahara sur le développement économique du Maghreb a toujours été difficile à évaluer, celui du maintien du statu quo, lui, est chiffré avec précision.Dans le rapport du secrétaire général de l’ONU sur le Sahara, du 14 avril dernier, l’on apprend ainsi que la Minurso, dont les mandats sont approuvés en avril et en octobre depuis 17 ans, opère aujourd’hui grâce à un crédit de 44,3 millions de dollars destiné à assurer son fonctionnement du 1er juillet 2007 au 30 juin 2008.

Fortement endettée à la suite du non-paiement des 63,1 millions de dollars de contribution qui lui avaient été promis, la Minurso n’a pu rembourser les gouvernements dont sont issus ses contingents depuis… avril 2002 !

Une situation préoccupante mais pas exceptionnelle, le montant total des contributions promises pour des opérations de maintien de la paix non payées s’élevant à la bagatelle de 2,72 milliards de dollars au 31 décembre 2007 contre 1,89 milliard à la même date en 2006.

Dans le cas du Sahara, il ne s’agit que d’une partie des dépenses et il faut y ajouter les coûts de l’aide à la population des camps. Ainsi, depuis 1986, le Programme alimentaire mondial (PAM) a fourni 153 millions de dollars d’aide au gouvernement algérien pour satisfaire les besoins de la population des camps de Tindouf.

A cette somme faramineuse s’ajoute l’aide fournie par les Etats, ONG ou organisations internationales, dont le HCR, qui, en plus de la distribution de rations alimentaires d’appoint, des travaux d’adduction d’eau et de l’organisation des visites familiales, a fourni 41 860 livres aux écoles primaires des camps en 2007.

Avec tout cela, les populations des camps, totalement dépendantes de l’extérieur, ne sont pas sûres d’en bénéficier, les détournements par des pontes du Polisario étant notoires