L’investissement est tout

Nous, marocains, ne cessons de prêcher la bonne parole pour inciter à l’investissement alors qu’un pays naturellement doté, comme le nôtre, d’atouts incommensurables devrait être le théâtre de bousculades d’investisseurs.
Les derniers coups d’éclat, à savoir les cessions de Maroc Telecom ou de la Régie des Tabacs, sont autant d’indices de confiance dans les potentialités de notre pays.
Il est vrai que des poids lourds de ce genre arrivent à se faire déblayer le terrain pour qu’aucune épine ne vienne perturber leur bonne marche, ce qui n’est pas le cas du moyen et encore moins du petit entrepreneur.
Sur les statistiques dont disposent les services compétents, y a-t-il eu des investisseurs étrangers ou nationaux qui ont été découragés, s’est-on occupé de savoir ce qui les fait fuir ?
Il est grand temps de comprendre que sans un véritable électrochoc sur la doctrine de l’Administration qui est le principal moteur du décollage en termes d’investissement, aucune avancée ne pourra avoir lieu.
En effet, les différents acteurs de l’Administration n’arrivent même pas (ou ne veulent pas) accorder leurs violons, d’ou certaines dissonances à l’origine de fâcheux dégâts que supportent les entreprises. Ce qui est malheureux, c’est que les responsables demeurent dans l’expectative et ne font rien pour rectifier le tir ou le font suffisamment tard pour laisser le maximum de cadavres sur le carreau.
(…) Prenons l’exemple de l’enseignement privé. En plus des hautes directives, des dispositions de la charte nationale de l’enseignement, des instructions du Premier ministre soutenues par des études d’experts, les gens du fisc n’en font qu’à leur tête. Résultat, les écoles d’enseignement général sont délaissées. Les capitaux qui comptaient s’investir dans le secteur se sont donc volatilisés. Qui va payer le prix du fait que l’Administration n’est pas d’accord avec elle-même ?