Les Marocains se «préservent»

15 millions de préservatifs vendus

La contraception semble faire désormais partie des habitudes des Marocains. Depuis quelques années déjà, la pilule passait pour être le moyen le plus utilisé. En 2002, par exemple, les chiffres officiels du ministère de la Santé faisaient ressortir que près de quatre millions de femmes marocaines utilisaient régulièrement la pilule ou le stérilet. De nouveaux chiffres viennent enrichir le paysage de la contraception. Ils concernent les préservatifs.
Ainsi, selon la société Sophadim, spécialisée dans la distribution de produits pharmaceutiques et paramédicaux, 15 millions de préservatifs sont vendus chaque année dans les pharmacies d’officine au Maroc. A ce chiffre, il faut rajouter, explique Sophadim, plus de 300 préservatifs distribués gratuitement tous les jours par les différentes associations et ONG dont, essentiellement, l’Association de lutte contre le Sida (ALCS) et l’Association marocaine pour la planification familiale (AMPF). Et puis, surprise, même le préservatif n’est pas préservé de la contrebande. En effet, l’étude révèle l’existence d’un marché parallèle mais qui, heureusement, est insignifiant. Il est estimé à près d’un préservatif et demi par jour, soit environ 550 unités par an. Autant dire rien, comparé aux 15 millions que vendent les pharmacies. Quant à l’explication de l’existence de ce marché parallèle, les spécialistes évoquent le facteur de pudeur et de timidité qui fait que certains Marocains n’osent pas encore se fournir chez le pharmacien, et surtout la pharmacienne. Contrairement à d’autres produits, la contrebande des préservatifs ne s’explique pas par une question de prix qui d’ailleurs, en pharmacie, restent abordables, allant de 5 à 25 DH le paquet