Le Crédit agricole se débarrasse du social

il crée une entité de financement spécialisée

LeCrédit agricole du Maroc peut enfin aspirer à  exercer son activité de banque universelle de manière normale. Après s’être mis en règle avec les ratios prudentiels de la banque centrale à  fin juin dernier, il vient d’obtenir le feu vert pour créer une société de financement destinée à  prendre en charge les agriculteurs non éligibles au financement bancaire classique ni au micro-crédit. Connue provisoirement sous le nom de Société de financement agricole régionalisé (Sfar), l’entité aura une triple mission : canaliser les aides et subventions de l’Etat, apporter un crédit de complément et fournir expertise et conseil. Avantage de la Sfar, des règles plus souples en matière de remboursement, de quotité de financement et de rééchelonnement des crédits, le tout avec l’accord de Bank Al Maghrib. Autre avantage, et non des moindres, l’adaptation des normes aux programmes visés. Par exemple, celles régissant le rôle de la Sfar dans le Millenium Challenge Account, qui vise la plantation de 200 000 ha d’olivier, peuvent différer de celles concernant un programme d’irrigation. De manière globale, la structure vise à  accompagner les actions de reconversion, de mécanisation, de micro-irrigation, ou autres, au sein desquels la composante sociale (accompagnement, crédit longue durée, remboursements variables et irréguliers, assistance technique) est fortement prégnante. Dotée d’un capital de départ de 100 MDH, entièrement détenu par le CAM, la nouvelle entité devrait voir le jour au cours du premier trimestre 2007.
Et le soutien aux agriculteurs touchés par la sécheresse ? Auprès du Crédit Agricole, la réponse est claire : si la Sfar ne vise pas forcément le bénéfice, elle s’interdit le déficit et l’abandon de créances. Rappelons que le CAM, qui s’apprête à  réaliser un bénéfice net de 340 MDH cette année, a abandonné, depuis 1999, 7 milliards de DH de créances.