La moitié des abstentionnistes de 2007 avaient voté en 2002 !

55% des électeurs qui ont boudé les urnes en septembre dernier avaient participé aux élections de 2002. Cinq ans après, ce geste s’explique par leur déception, leur absence d’intérêt pour la politique en général, la pauvreté de l’offre partisane en particulier, et un scrutin sans enjeux réels. Présenté les 18 et 19 janvier à Rabat, ce diagnostic, sévère mais guère surprenant, est celui d’une enquête indépendante réalisée entre le 22 septembre et le 12 octobre dernier. Menée à la demande du ministère de l’intérieur par un cabinet de la place, l’étude a été présentée dans le cadre de rencontres préliminaires entre les partis politiques et le ministère de l’intérieur, en préparation des prochaines élections communales. Au menu des discussions : le mode de scrutin, la révision des listes électorales, mais aussi et surtout la révision du découpage communal, troisième du genre depuis l’Indépendance, qui devrait apporter de nouvelles modifications au découpage original de 1959, en incluant la nouvelle charte communale dans la donne. Un changement qui devrait avoir aussi son impact sur les effectifs des conseils de communes urbaines ou rurales, en fonction des mouvements de population révélés par le Recensement général de la population et de l’habitat de 2004.
Prévues pour 2009, les communales devraient faire l’objet d’une série de rencontres dans les mois à venir, au niveau local et national, en coordination avec les représentants des partis, et avec la participation d’experts et d’élus, au niveau local puis national. Les partis ont trois semaines pour transmettre leurs premières réactions, l’élaboration des textes de loi relatifs au code électoral et à la charte communale étant prévue pour le printemps 2008, tandis que l’adaptation des découpages relatifs aux communes et aux Chambres professionnelles est prévue avant la fin de l’année.