La lutte antidopage s’offre une fatwa

Trois arguments mis en avant par les ouléma.

Après le grand débat sur le foot et la fatwa d’Abdelbari Zemzmi autorisant les joueurs de l’équipe nationale à ne pas jeûner un jour de match officiel, les ouléma du Maroc s’attaquent, eux, au dossier du dopage. Le fait est inattendu. Le Conseil supérieur des théologiens vient de rendre une fatwa qui stipule que le dopage dans le milieu sportif est «haram» du point de vue religieux. Sur quels fondements religieux se basent nos ouléma pour décréter un tel verdict ? Trois arguments ont été mis en avant. Primo : le sportif, quand il se dope, agit sur son corps et, pour les théologiens, change la nature de l’être humain tel que Dieu l’a voulu. Or, c’est connu, la religion bannit tout ce qui change la nature des êtres. Deuxième argument des ouléma : le dopage permet au sportif de produire ou réaliser des performances qui ne reflètent pas la réalité des choses. C’est donc de la triche, bannie bien entendu par l’islam. Enfin, troisième argument, le dopage est néfaste pour la santé et donc interdit par la religion. A noter que la fatwa a été rendue sur commande puisque le conseil  a donné son avis à la demande de l’Association de sensibilisation aux dangers du dopage dans le sport, qui a organisé toute une journée, le 5 septembre, à Safi, pour rendre publique la fatwa.
Si, dans le fond, la décision peut servir à lutter contre le dopage tant mieux. Nous serions curieux de savoir pourquoi les ouléma n’ont jamais pris position concernant la cigarette, très nocive elle, ou quel serait leur point de vue sur la consommation de viande ovine, très riche en cholestérol, donc nocive, ou encore que penser des vitamines, genre Supradyne ou autres qui permettent à un corps fatigué de tenir le coup, donc modifient ses performances. Vive la fatwa des temps modernes !