La colère des Marocains d’Espagne

L’Association des travailleurs et immigrés marocains en Espagne (ATIME) ne décolère pas. Elle envisage de poursuivre en justice le délégué du gouvernement dans la région de Murcie pour atteinte aux droits de l’homme et discrimination. A l’origine des faits, une rafle menée vendredi 4 juillet dans le centre de Torre Pacheco, petite bourgade de 27 000 habitants, dont bon nombre sont des Marocains.

Ce soir-là, près d’un millier de personnes, dont des personnes âgées et des enfants, avaient été interpellées jusque dans les magasins, cafés, téléboutiques, et même aux abords de la mosquée. Embarqués de manière brutale, les immigrants ont été parqués à différents emplacements de la ville pendant quatre à six heures, le temps de vérifier leurs titres de séjour. Une opération qui aura débouché sur l’interpellation de 58 immigrants de 19 nationalités en situation irrégulière, dont la plupart se trouve désormais sous ordre d’expulsion.

Mardi 8 juillet, dans une conférence de presse organisée quatre jours après l’opération, Rafael González Tovar, délégué du gouvernement dans la région de Murcie, a affirmé ne pas avoir été informé de l’ampleur de l’opération.

«Si je l’avais su, je ne l’aurais pas autorisée», a déclaré le premier responsable des forces et corps de sécurité de l’Etat dans la région, soulignant que cette action, organisée dans le cadre de la lutte contre l’immigration clandestine en Espagne, lui avait été présentée comme «routinière».

Las, pour l’ATIME ces explications ne convainquent pas. Après avoir organisé une grande manifestation dimanche 6 juillet, elle exige des excuses officielles pour cette opération qualifiée d’humiliante et de disproportionnée.