La Chine nous pique les chaussettes Kindy

On savait que l’échéance de début 2005, annonciatrice du démantèlement total de l’accord multifibres, allait être fatale à de larges pans de ce secteur vital de notre économie. Il semble que la «numérotation des abattis» doit bel et bien être entamée. La Vie éco a appris de source bien informée que Kindy, leader français des chaussettes, coté sur la place parisienne, qui fabriquait à ce jour 16% (soit cinq millions de paires) de sa production mondiale dans notre pays, a décidé de quitter le Maroc pour Shangaï.
La raison en est toute simple et a été avancée dès le mois d’octobre dernier par le président de Kindy, Joël Pétillon: le Maroc n’est tout simplement plus compétitif. Le prix de revient d’une paire de chaussettes y est de 0,75 euro contre à peine 0,30 en Chine et 0,45 en Indonésie. Même la Turquie est plus compétitive que nous, produisant la même paire à 0,6 euro, ce qui lui vaut de préserver quelques-unes de ses unités car Kindy veut «garder un certain équilibre» et ne pas dépendre de la Chine. A terme, dans un horizon de cinq ans, ce sont près de 50% de la production (12 millions de paires par an) qui devront provenir de ce pays, qui fait des ravages parmi ses compétiteurs. A commencer par le Maroc où, en l’espace de quelques semaines, un deuxième transfert d’unités industrielles vers ce géant est subi après celui du leader français des extincteurs, Sicli, qui avait abandonné Casablanca pour une ville chinoise