Jeu satanique

Après coup de Mr Et-Tayeb Houdaifa.

Pendant le Mondial sud-africain, tous les passionnés de football n’ont pas pu assouvir leur désir de ce jeu de pieds qui fait tourner les têtes. Je pense, non sans rage, aux malheureux Somaliens, sevrés de spectacle à cause d’une «fatwa» émise par les ingénieux Chabab du cru, décrétant que le football est «impie». Oui, vous avez bien lu, impie, et vous vous demandez en quoi un sport où vingt-deux allumés courent comme des dératés après une baballe capricieuse est-il susceptible d’offenser Allah. Vous ne trouvez pas, moi non plus. Ce qui est frappant, c’est qu’alors que les milices Chabab traquaient les prétendus «pécheurs», poussant le zèle jusqu’à lancer une grenade (deux morts, trois blessés) parmi des jeunes somaliens qui regardaient la demi-finale Espagne-Allemagne, en Arabie Saoudite, pays où la «charia» est instaurée, des mosquées mobiles étaient installées devant les cafés, de sorte que les hommes ne perdraient pas une miette du spectacle. «Vérité en-deça des Pyrénées, erreur au-delà», observait le pieux Blaise Pascal. En terre d’Islam, la vérité est multiple, tant les chapelles deviennent nombreuses, au point que le croyant ne sait plus, si j’ose dire, à quel saint se vouer.
Mais ceci est une autre histoire. Pour en revenir aux ubuesques Chabab somaliens, gageons que persuadés que leurs ouailles rendraient encore plus grâce à Allah s’Il leur permettait de se divertir un peu, ils inventeront un football «halal», afin que les croyants puissent prendre leur pied sans piétiner la morale islamique.