Des uniformes… pas très uniformes

La rentrée scolaire de cette année ne ressemble décidément à aucune autre. Sans parler du fait qu’elle coïncide avec les élections, la reprise des classes devra être tout en couleurs. Mais on ne sait pas lesquelles. En juillet dernier, Habib El Malki, ministre de l’Education nationale, avait instauré, par une note circulaire, le port de l’uniforme (/news/HabibElMalkiinstaureluniformealecole » target= »_blank »>cf La Vie éco du 25 juillet) sans donner de détails sur les modalités d’application. Une source au ministère explique, en effet, que «les modalités d’application sont laissées à la discrétion des directeurs d’établissements». Autrement dit, c’est au directeur de décider de la nature de l’uniforme, selon le sexe de l’élève, le design, le tissu et bien sûr la couleur. L’essentiel, c’est d’avoir un uniforme. Même au ministère, on ne sait pas à quoi cela va ressembler. Selon un proche collaborateur du ministre, «il faudra attendre lundi 15 pour le découvrir». Mais si certains directeurs ont d’ores et déjà pris les directives du ministre à la lettre, d’autres, et ils sont nombreux, ne savent toujours pas quoi faire. D’autant plus que, comme nous l’explique le directeur d’une école primaire à Sbata (Casablanca), «certains établissements situés dans des quartiers défavorisés auront du mal à appliquer cette mesure, pour la simple raison que les parents d’élèves n’ont pas toujours les moyens de s’offrir ces uniformes». Et ce ne sont certainement pas ces écoles, à budgets souvent rachitiques, qui pourront financièrement aider les parents. Cela d’autant plus qu’au ministère de l’Education nationale, cette possibilité est écartée, du moins pour l’instant. Alors à quoi sert l’uniforme qu’il soit bleu, rose ou même fushia, si ceux qui sont obligés de l’acheter n’ont même pas de stylo ? Une illustration parfaite de l’adage marocain qui dit: «que te faut-il, toi qui est nu ?» «une bague mon seigneur, une bague !»