Des craintes pour la RAM

l’intégration au ciel européen réduirait sa compétitivité

Karim Ghallab vient de rentrer de Paris où il a tenu des rencontres avec des opérateurs et des officiels dans le domaine du transport. Entre autres sujets évoqués, celui de l’intégration, inéluctable, du Maroc dans le ciel unique européen. Cela aurait comme conséquence de permettre aux compagnies aériennes européennes de desservir des destinations au Maroc à partir d’aéroports européens et indépendamment de leur pays d’origine.
Aujourd’hui, le ciel aérien marocain est partiellement ouvert aux compagnies européennes mais dans le cadre d’accords bilatéraux qui donnent l’exclusivité à la compagnie du pays concerné. Pour les destinations françaises, par exemple, l’accord ouvre le ciel aux avions français. Il en est de même pour chaque pays.
Or, en cas d’intégration dans le ciel unique européen, le Casa-Paris, par exemple, ne sera plus l’exclusivité d’Air France mais ouver à toute compagnie européenne. Et pour ce faire, le Maroc devra commencer par revoir tous ses accords bilatéraux pour remplacer la mention «pavillon français», «pavillon espagnol» ou autre par la mention «pavillon européen». Ce qui n’est pas sans susciter quelques craintes quant à la position de notre compagnie nationale. Si, par exemple, British Airways pouvait faire Londres-Madrid-Casa, ses tarifs sur le tronçon Madrid-Casa seraient tout simplement imbattables, le coût du voyage étant déjà amorti par le tronçon Londres-Madrid. Royal Air Maroc risque d’être mise à mal.
«On n’en est pas encore là», rassure un haut responsable au ministère des Transports qui explique que le processus sera long. Il faudra d’abord que le Maroc négocie avec chaque pays européen de manière bilatérale. Quand ces négociations seront terminées, il devra entamer des discussions avec la Commission européenne. Cela risque de prendre un an ou deux. La RAM devra encore faire des efforts d’ici là .