Cotisations CGEM, 14,6 MDH d’impayés

une tenue de comptes qui laisse à  désirer

«Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais». La maxime pourrait s’appliquer à  la CGEM, et précisément à  ses comptes présentés lors de la dernière assemblée générale ordinaire tenue le 30 juin.
Surprise, les comptes du patronat marocain, qui se doit de donner l’exemple, ne sont pas bien tenus. En atteste le rapport du commissaire aux comptes, dont La Vie éco a pu se procurer copie, et qui comporte plusieurs remarques et observations.
Ainsi, on découvre que les primes de transport accordées au personnel de la CGEM en 2004, et qui ont atteint 161 000 DH, n’ont été soumises ni à  l’IGR ni à  la CNSS. Plus inquiétant, les Unions régionales qui relèvent de la CGEM servent des salaires à  leurs employés sans pour autant tenir les livres de paie et de congé payé.
D’un autre côté, la gestion comptable des cotisations des adhérents ne semble pas non plus être au point. La preuve, le commissaire aux comptes déclare avoir relevé des écarts de l’ordre de 330 000 DH et 390 000 DH, dus à  des écritures comptables de régularisations passées en 2004 mais au titre des cotisations d’exercices antérieurs. Il faut dire aussi que les adhérents, qui représentent pourtant la fine fleur du tissu économique marocain, n’honorent pas toujours leurs engagements. Un seul chiffre: la CGEM a dû provisionner pour 14,6 millions de DH au titre de cotisations qu’elle devait recevoir entre 1997 et 2003 mais qui n’ont jamais été versées. Le pire, comme le relève le rapport, est que «certains adhérents n’ayant pas payé leur cotisation depuis plus de quatre ans continuent de bénéficier des prestations de la CGEM».
Conclusion ? il s’agit sûrement plus de laxisme et de maladresse de gestion que de mauvaises intentions, mais de la part d’une confédération de patrons, on s’attendait à  mieux !

La confédération de Hassan Chami rassemble pourtant la fine fleur de l’entreprise marocaine.