Code de conduite pour les fonctionnaires

sous le regard de la banque mondiale
Najib Zerouali croit à  la sensibilisation, confortée par la répression. Mais peut-on espérer un jour, tout simplement, une loi sur les signes extérieurs de richesse ?

Dans une récente interview accordée à  un hebdomadaire arabophone, le ministre de l’Equipement, Karim Ghellab, qui a été élu d’ailleurs à  Sbata, a fait savoir que cela ne le dérangeait nullement d’être en même temps élu et ministre. Si l’on peut admettre que ses fonctions de ministre peuvent effectivement l’aider à  renforcer ses actions au niveau de la commune, et c’est tant mieux pour les habitants de Sbata, on peut se demander, toutefois, s’il est compatible, voire légal, qu’un ministre utilise ses prérogatives pour servir son mandat d’élu ? Car c’est surtout Ghellab l’élu qui profitera de Ghellab le ministre. Autre question, peut-être prématurée : s’il arrivait qu’il soit élu maire de Casablanca, que ferait-il ? A priori, cela ne devrait pas le déranger tout comme son collègue Khalid Alioua qui lorgne lui aussi le fauteuil de maire. Doit-on croire qu’il y a au Maroc des surhommes qui peuvent en même temps gérer des portefeuilles ministériels, parfois difficiles, et gérer un autre dossier, pas moins difficile, celui de la ville de Casablanca. Pour M. Ghellab, par exemple, la mission est d’autant plus ardue qu’il a déjà  en charge deux super départements stratégiques, l’Equipement et les Transports, sans parler de l’ONCF. En France, le débat est déjà  lancé sur le cumul des fonctions. Au Maroc, la question gagnerait à  être soulevée. Les cumulards continueront de collectionner les titres tant que la loi restera muette sur ce point. Pourtant il y va de l’avenir de nos villes et du pays en entier. Quel que soit l’angle sous lequel on aborde l’équation, un ministre peut difficilement nous convaincre qu’il peut remplir correctement d’autres missions. A moins qu’il ne puisse être au four au moulin. Difficile à  croire !