Axa France boycotté à  cause de ses projets au Maroc ?

L’annonce, il y a trois semaines, par le premier assureur français, le groupe Axa, de son projet «Ambition 2012» qui consiste à délocaliser, sur une période de cinq ans, 1 500 emplois au Maroc, a suscité une levée de boucliers. Cette fois, ce ne sont pas seulement les syndicats qui ont réagi, mais aussi les politiques. Ainsi, lors d’un meeting récent, le député-maire communiste de Vénissieux, André Gerin, a appelé à un «boycott citoyen» du groupe Axa. Selon lui, les millions de Français assurés chez Axa disposent, à travers une action de boycott, d’un moyen de pression considérable afin de contrer ce «processus de délocalisations dangereux». Les syndicats, eux, et à leur tête la CFDT, qui avait déjà essayé de bloquer en 2005 la création par BNP Paribas d’une filiale de maintenance informatique à Casablanca (Mediha informatique), ont pris le mors aux dents.
Rappelons que la direction d’Axa France s’était évertuée à expliquer qu’il s’agit d’un plan de croissance qui vise à remplacer 3 000 départs en retraite en embauchant la moitié en France et l’autre moitié au Maroc pour baisser les coûts de production, notamment dans la gestion de patrimoine et des sinistres.
Cette polémique rappelle le fameux dispositif anti-délocalisations que Nicolas Sarkozy voulait adopter en 2004 et qui visait essentiellement les centres d’appels délocalisés dans les pays francophones, dont une bonne partie se trouvent au Maroc