2M ne renvoie pas l’ascenseur à  Jettou

Lundi 23 mai, 20 heures, Driss Jettou reçoit dans sa résidence à Rabat des journalistes pour débattre de son bilan. Il est entouré de ses proches collaborateurs et du ministre de la Communication, Nabil Benabdellah. 21 heures, alors que la discussion bat son plein dans le salon, les collaborateurs du premier ministre et Nabil Benabdellah s’éclipsent rapidement dans une pièce attenante. Ils y ont installé une cellule de crise. Motif : les commentaires de 2M au sujet du bilan gouvernemental dans le journal télévisé. Les termes utilisés n’ont pas été très tendres. «Bilan peu réjouissant et indicateurs au rouge». Le ministre de la Communication a appelé, séance tenante, Mostafa Benali, le DG de la chaîne, pour comprendre sur quoi se sont basés les journalistes pour faire une telle analyse. Manque de chance, M. Benali ce soir-là était en déplacement.
Ce n’est que le lendemain qu’il reprit contact avec la primature pour donner sa version : les journalistes se sont basés, selon lui, sur le discours royal du mercredi 18 mai. Explication plutôt courte car le discours n’avait strictement rien à voir avec le bilan du gouvernement. En tous les cas, l’incident met Mostafa Benali -qui était injoignable à l’heure où nous mettions sous presse- dans l’embarras, puisque la primature venait de le féliciter pour son programme «Challengers» en lui proposant même une collaboration à une échelle plus importante. 2M n’a pas renvoyé l’ascenseur. Mais de toutes les manières, il s’agit de liberté d’expression.