X, Y, Z

Qu’avons-nous fait, nous les X, pour préparer le terrain à la génération suivante ? Que faisons-nous pour lui passer le témoin en douceur et pour lui permettre de prendre les commandes en toute assurance ?

Quand les X parlent des Y, ces derniers sont toujours dépeints comme étant une génération atypique, bizarre et, pour certains, même pas à la hauteur des défis qui attendent notre pays. Que de clichés et de stéréotypes à l’encontre d’une génération qui pourtant vit pleinement son ère, en cohérence avec son temps et ressemble tout simplement à toutes ses homologues à travers le globe : trop pressée, surconnectée, réseautée, mondialisée à outrance et surtout avec un regard différent sur son monde. Le fait est que quand la génération X disserte, parle, juge, évalue sa cadette des Y, elle le fait à travers une grille de lecture manifestement inappropriée parce que basée sur des standards, des outils et des référentiels obsolètes, dépassés. Le «generation gap» est un phénomène connu depuis la nuit des temps. Chaque génération regarde la suivante avec un mélange de mélancolie, de peur de la vieillesse, d’affirmation de soi… Sauf que le décalage entre les deux générations aujourd’hui est beaucoup plus important qu’auparavant à cause de la révolution numérique. Il ne s’agit plus seulement d’un gap mais d’une véritable fracture au sens anthropologique du terme.

Un pays, une nation se construisent de génération en génération. Le Maroc tel qu’on le vit aujourd’hui n’est pas le fruit d’une seule, celle des X en l’occurrence, mais d’un cumul du travail et de l’engagement de générations successives. Comme le veut le sens naturel de l’Histoire, les X ont apporté, comme les générations passées, leur pierre à l’édifice et ont contribué comme ils l’ont pu et à leur manière. De même, le cours de l’histoire de notre pays ne s’arrêtera pas là. Les Y sont bien présents parmi nous, qu’on le veuille ou non, et l’avenir du Maroc leur appartient inévitablement. Ils sont presque 9 millions de Marocains aujourd’hui à être âgés de 20 à 35 ans. Ils doivent être des parties prenantes à la conception, à la réflexion, à la mise en œuvre des solutions pour le Maroc de demain qu’ils laisseront à leur tour à la génération Z, les moins de 20 ans.

Qu’avons-nous fait, nous les X, pour préparer le terrain à la génération suivante ? Que faisons-nous pour lui passer le témoin en douceur et pour lui permettre de prendre les commandes en toute assurance ? Que faisons-nous pour que ces Y réussissent et, pourquoi pas, fassent encore plus et mieux que leurs aînés ?