Une voix, SVP

Si le taux de participation pouvait être considéré comme satisfaisant en 2002, il n’en est pas
de même en 2007.
Votez pour votre pays d’abord.

En2002, le taux de participation aux législatives était de 55%. Dans les démocraties bien établies, c’est un taux faible et, près de la moitié de la population n’ayant pas voté, la légitimité de la représentation politique en est alors affectée. Au Maroc, on pouvait considérer que 55% étaient un score honorable dans un pays où aucun citoyen n’a été forcé par le moqaddem du coin à aller déposer un bulletin dans l’urne. Près de la moitié de la population a voté par choix.

Vivrons-nous le même scénario ce vendredi 7 septembre ? En dépit des efforts considérables faits par l’Etat, des interprétations abusives de la loi faites par ses agents qui ont délivré des cartes d’électeur à domicile, des exhortations par médias interposés de la part de l’Intérieur et de la société civile (2007 Daba et Afak, à saluer chaleureusement), la crainte est grande de voir la désaffection envers la politique se traduire par un score faible. A tous ceux qui seraient hésitants, ou décidés à ne pas voter aujourd’hui, nous dirons ce qui suit :

Un faible taux de participation affaiblira la majorité de laquelle sera issu le gouvernement. Si on ôte des 55% de 2002 les bulletins nuls et les voix de l’opposition, cela fait à peine 33% des électeurs qui ont voté pour le gouvernement actuel. Le tiers du corps électoral a décidé pour les deux tiers ! Il faut éviter que cela ne se reproduise.

A ceux qui veulent combattre les forces conservatrices et les idées rétrogrades, mais qui pensent que de toute façon les jeux sont faits, une voix progressiste compte car elle permet de contrebalancer un vote favorable à l’autre bord.
A ceux qui sympathisent avec les islamistes (ne nous voilons pas la face), il vaut mieux, en leur donnant une voix, augmenter les chances de ces derniers d’arriver au gouvernement. De la sorte, on saura réellement s’ils peuvent changer les choses en mieux, comme ils le prétendent.

A ceux qui sont débordés par leur travail, ou à ces patrons qui pensent avoir d’autres chats à fouetter, il faut penser à ce que cinq ans de gouvernement représentent en termes d’aléas concernant les impôts, les salaires, le niveau de vie…

Enfin, à ceux qui n’y croient pas, ceux que la politique laisse indifférents, qui pensent que le pouvoir n’est ni au Parlement ni entre les mains du gouvernement et qui passent leur temps à se pâmer devant les systèmes occidentaux, posons quelques questions. Ne pouvons-nous pas faire aussi bien que ces derniers ? Le Maroc est-il condamné à rester un pays sous-développé ? N’y contribueront-ils pas en ne faisant pas preuve du civisme le plus élémentaire ?