Une baisse de l’IR, maintenant !

La hausse du Smig, forcément limitée en raison du risque sur
la rentabilité des entreprises, ne résout pas le problème du pouvoir d’achat. Il faut baisser l’IR, et l’Etat en a les moyens.

C’est un 1er Mai particulièrement tendu que connaîtra le Maroc cette année. Au-delà des traditionnelles revendications syndicales, la dégradation réelle du pouvoir d’achat, que même les patrons reconnaissent, impose de faire un geste significatif dans le sens de l’amélioration des revenus des petits salaires. Or, il est étonnant de voir que, face à ce malaise, réel, qui représente un risque de troubles sociaux et ne manquera pas d’avoir un impact sur la production, les solutions vers lesquelles on s’achemine sont bancales.

En gros, une hausse du Smig de 2,5% cette année, suivie d’autres du même niveau au cours des trois années suivantes, une revalorisation de 30 DH pour les allocations familiales, soit, en tout et pour tout, un gain de 107 DH par mois pour un ouvrier ayant deux enfants. On note quand même que l’Etat accompagnera ces deux mesures d’une augmentation des petits salaires dans la Fonction publique et d’une promesse ferme de baisse de l’IR en 2008.

Ce scénario ne tient pas la route. Il est des activités industrielles qui peuvent difficilement s’accommoder d’une hausse des salaires, même lissée dans le temps, surtout sachant qu’elles sont en butte à une concurrence internationale féroce. Dans le même ordre d’idées, cette aggravation des charges est de nature à freiner l’attrait du pays en tant que destination d’investissement industriel. Sur un autre plan, l’Etat, conscient de la faiblesse de ses propositions, tente de calmer les esprits et la grogne des syndicats en coupant la poire en deux : les salariés du secteur public bénéficieront, eux, bel et bien d’une hausse de salaire. Un calcul aux mécanismes faciles à décrypter.

Plutôt que de subir un manque à gagner global résultant d’une baisse de l’IS, mieux vaut supporter des charges salariales plus élevées. Or, ce que l’on oublie à la veille de ce 1er Mai pas comme les autres, c’est que le mécontentement n’est pas artificiellement provoqué par les syndicats mais résulte d’un sentiment général de la base. En faisant des économies, alors que ses recettes fiscales sont bien supérieures à celles prévues par la Loi de finances, l’Etat ne fait qu’exacerber un problème quand il peut se permettre de prendre la mesure qui aurait un impact significatif sur le pouvoir d’achat : une baisse d’impôt. Pas en 2008, maintenant !