Surtout pas de fausse route

Le propre des périodes de crise, comme celle à laquelle le monde est confronté aujourd’hui, est la compression, voire l’altération de la dimension temps. Subitement tout semble urgent, les délais de réflexion, de prise de décisions et de mise en application se rétrécissent. Ce qui exige des décideurs, dans le public comme dans le privé, une révision rapide de tous les process pour les adapter.

 

Cela dit, il est important de ne pas confondre rapidité et réactivité avec précipitation.

Surtout en ce moment de crise, où les erreurs ne sont pas permises. La prise de décision, en pareille période, doit donc être extrêmement rapide et juste.

La sortie de crise se fera inévitablement et naturellement dans quelques semaines. Depuis le début de cet épisode inédit, l’essentiel de l’effort des pouvoirs publics et des opérateurs économiques est concentré sur la gestion des urgences sanitaires, sociales et économiques. Et c’est normal. Mais cela ne doit pas empêcher d’enclencher dès aujourd’hui une réflexion sur la sortie de crise, qui sera la prochaine étape cruciale qu’il ne faudra pas rater.

Comme pour les trois stades du cycle de vie d’une épidémie, sa gestion est également séquencée en trois phases. Dans la première, l’unique et seul paramètre au tableau de bord est le maintien en vie. Dans la deuxième phase, il s’agit de savoir ce qu’il faut absolument faire dans les jours, semaines et quelques mois qui suivent le réveil. Et pour ce faire, tous les acteurs, intervenants, partenaires, composantes de la société, doivent pouvoir exprimer leurs attentes, proposer leurs idées, partager leurs préoccupations. L’économie mondiale repartira, ou en tout cas tentera de le faire dans quelques semaines. Le Maroc ne doit pas rater son redémarrage, sa sortie de crise, au risque de ne plus pouvoir s’en relever plus tard. Jusque-là, les choix ont été justes, et la prestation du Maroc en réponse à la crise est plus que respectable.

Et pour réussir la sortie de crise qui mène vers la voie de la reprise, il sera important de garder toute la lucidité quant aux vraies priorités et leur hiérarchisation, et de se poser des questions en même temps d’ordre philosophique, mais très terre-à-terre.

L’une d’entre elles sera inévitable et centrale. Il faudra savoir, et décider, si dans les 6 à 12 mois à venir, c’est l’Etat qui devra absolument garder ses fondamentaux et ses équilibres, advienne que pourra, ou si c’est d’abord les ménages et les entreprises qu’il faudra absolument sauver, indépendamment des coûts comptables. La réponse coule naturellement de source…