Rassi a’Rassi

La logique voudrait qu’à  l’heure du bilan le gouvernement se présente en bloc homogène et que la communication se fasse par le biais d’un canal commun. Or, là , c’est chacun pour soi.

Acte I : Il y a quelques jours, le gouvernement lançait un site web destiné à mettre en valeur son bilan de législature écourtée pour cause de réforme constitutionnelle. Même si le média reste discutable quant à son efficacité, dans un pays où l’usage d’internet n’est pas très répandu, l’initiative est légitime. Il est à la fois du droit et du devoir d’un gouvernement de venir s’expliquer sur ses réalisations.
On aurait aimé, toutefois, que le Premier ministre, qui porte aujourd’hui le titre de chef de gouvernement, grâce à cette nouvelle Constitution votée par les Marocains, fasse l’effort de venir convaincre de vive voix les citoyens, par le biais d’une émission télévisée, et leurs représentants, dans les deux Chambres du Parlement, que le gouvernement a des réussites à son actif et s’expliquer également sur les ratés. Au lieu de cela, nous avons droit à une présentation virtuelle. A croire que le gouvernement lui-même ne se conçoit plus comme une entité, mais comme un rapport de plans et chiffres.

Acte II : Le citoyen lambda sera bien étonné de voir fleurir les annonces et mesures en faveur des citoyens et des entreprises au cours des semaines à venir. Tout d’un coup, nombre de solutions sont proposées et nombre de plans sont activés. Au sein de certains départements on a ressorti des projets de loi qui n’attendaient qu’un bon vouloir ministériel, dans d’autres on s’est précipité pour faire aboutir des textes qui n’ont pas fait l’objet de concertations avec les professions concernées. Dans d’autres encore on s’engage à tout apurer avant les élections, cachet de la poste (électorale ?) faisant foi. Il y a sans doute dans tout cela de bonnes intentions et on ne trouverait peut-être rien à redire, n’était-ce le fait que si tous ces cadeaux seront prêts avant la fin du mandat c’est que l’on aurait pu nous les offrir bien avant.
Et surtout, on ne trouverait rien à redire n’était-ce le fait qu’ils sont offerts, de manière personnelle, par des ministres cherchant visiblement à améliorer leur image, dans une course électorale avant l’heure.

La logique voudrait qu’à l’heure du bilan le gouvernement se présente en bloc homogène, que la communication se fasse par le biais d’un canal commun et que le fruit du travail rejaillisse sur tous, qu’ils soient de gauche ou de droite. Or, là, chacun tire la couverture à lui. Avons-nous réellement eu un gouvernement au cours de cette législature ?