Preuves statistiques

Quoi de mieux que des données chiffrées, surtout quand elles sont certifiées et officielles, pour procéder en toute objectivité à un exercice d’évaluation, étape inévitable pour juger de la pertinence et de l’efficacité d’une action, d’une stratégie ou d’une politique.

Et si l’on admet que les actions, politiques et stratégies publiques ont pour ultime finalité l’amélioration du quotidien d’une population, les derniers chiffres livrés par le HCP sur l’évolution du niveau de vie ces dernières années fournissent alors une grille de lecture des plus objectives. En renseignant sur l’évolution du niveau de vie des ménages marocains sur la période 2013-2019, mesuré à travers la dépense de consommation annuelle moyenne, ces statistiques sont en fait un parfait résumé chiffré, irréfutable et factuel, de tout ce qui a été fait en matière de politiques publiques sur la période en question.
Et, comme pour toute évaluation ou bilan, il y a évidemment du bon et du mauvais.
Dans le registre positif, deux bonnes nouvelles sont à relever. La première, et la plus importante, est que les niveaux de pauvreté absolue et de vulnérabilité, au sens monétaire du terme, ont nettement reculé, passant respectivement de 4,8% et 12,5% en 2013 à 1,7% et 7,3% en 2019. Autrement dit, la pauvreté absolue a été réduite de plus de la moitié.
La deuxième bonne nouvelle est que le Maroc a réduit aussi le niveau des inégalités que les statisticiens mesurent par l’indice de Gini. Plus ce dernier tend vers 100%, plus les inégalités sont importantes et vice-versa. En 2019, cet indice est en légère baisse par rapport à son niveau de 2001. Le corollaire de cette observation statistique est que les ménages marocains les moins aisés, et particulièrement ceux en milieu rural, ont le plus profité ces dernières années de la croissance et, de manière générale des politiques publiques, surtout sociales.
Sur le registre négatif cette fois, deux mauvaises nouvelles méritent d’être soulignées. La première est que l’évolution du niveau de vie des ménages a été nettement moins bonne que sur la période 2006-2013. Quant à la deuxième, elle concerne la classe moyenne qui, finalement, a été la moins favorisée pour ne pas dire la plus lésée sur les six dernières années en termes d’amélioration de son niveau de vie. Enfin une confirmation.
Et en attendant d’autres enseignements du rapport de la commission sur le modèle de développement, voilà en tout cas des chiffres qui tombent au bon moment et qui donneront des éléments et une grille de lecture pour évaluer, preuves chiffrées à l’appui, les réalisations des uns et des autres…