Piqûres de rappel

La dernière mise en garde des autorités au sujet des déplacements en dehors de la ville de Tanger est une bonne piqûre de rappel général et pas que pour les Tangérois.

Nous ne sommes pas encore totalement sortis de la zone de danger. Et Tanger n’est pas le seul indice. Les chiffres sur l’évolution de l’épidémie sont là pour montrer qu’il y a encore plusieurs dizaines, voire des centaines de nouveaux cas Covid enregistrés quotidiennement. Il y a aussi des décès malheureusement.
Certes, il y a eu un 25 au Maroc et le gouvernement est même passé à la phase III récemment avec plus d’assouplissements. Les hôtels peuvent utiliser pleinement leurs capacités litières sans restrictions. Les transporteurs peuvent monter à 75% de leur capacité à bord de leurs véhicules. Des lieux publics ont été ouverts à nouveau.

Tout cela est dans l’ordre naturel des choses. Après un confinement draconien qui a duré presque 3 mois, il était vital de permettre à la vie de repartir de nouveau, aux entreprises et aux commerces à fonctionner, à l’économie de ressusciter.

En pleine période estivale et de vacances aussi, les familles marocaines qui se sont impliquées dans cette lutte collective devaient bien pouvoir profiter de ce qui reste de la saison pour souffler, d’autant plus qu’une occasion sacrée comme Aid Al Adha est une période très prisée pour les retrouvailles familiales. Cette année le moment aura un goût encore plus prononcé.

Mais le déconfinement est une décision à double tranchant. Autant elle est importante pour l’économie et la vie en société autant les mesures de sécurité doivent être scrupuleusement respectées, autrement, bonjour les dégâts. Face à l’assouplissement, les citoyens peuvent avoir tendance à se dire ou à croire que l’épisode est fini. Ce qui est évidemment faux et dangereux.

Une décision telle que celle d’interdire de quitter sa ville est le meilleur moyen pour rappeler à toutes et à tous la réalité de la situation actuelle.
Les souvenirs des tristes incidents dans les foyers de Lalla Mimouna et de Safi doivent être encore ravivés pour rappeler à tous qu’un petit relâchement peut mener à une catastrophe regrettable.

Et puis, malgré le déconfinement quasi généralisé, ce qu’il ne faut surtout pas oublier c’est que le Maroc est encore en situation d’état d’urgence sanitaire jusqu’au 10 août. Rien n’est donc encore réellement fini…