Parler aux jeunes

Les partis politiques s’apprêtent à entamer une année 2021 chargée parce que sous le signe électoral par excellence.

Mais avant d’arriver au jour du vote, ils auront un premier test grandeur nature à passer dans quelques jours seulement. Les résultats donneront un avant-goût du scrutin de 2021.
Le ministère de l’intérieur vient d’ouvrir l’opération d’inscription sur les listes électorales avec comme dernier délai le 31 décembre 2020. Or il se trouve que sur le nombre total des personnes déjà inscrites sur ces listes, soit 15 millions, les 18-24 ans sont à peine à 460.000, soit 3% seulement de l’ensemble alors que, paradoxalement, cette tranche d’âge est numériquement l’une des plus importantes de la population.
Il n’est plus besoin de s’étendre sur les causes et les origines de cette désaffection tant elles ont été suffisamment analysées et décortiquées. Le temps est plutôt aux réponses et aux arguments qui pourraient convaincre.
Comme leurs homologues à travers le monde, les jeunes marocaines et marocains sont parfaitement lucides sur les enjeux de l’implication dans le débat de la chose politique. Il suffit de scruter les forums et les groupes de discussion sur les réseaux sociaux pour comprendre la soif de la jeunesse marocaine pour le débat d’idées, la critique, l’échange…
Du coup, il serait trop simpliste de penser que l’on pourrait convaincre ces jeunes de s’impliquer en insistant uniquement sur la nécessité de leur présence dans le champ politique. Ce serait les réduire seulement à un réservoir de voix.
Les partis et la classe politiques sont aujourd’hui interpellés sur l’offre qu’ils ont pour cette classe d’électeurs dont le profil est diamétralement opposé avec d’autres profils où puisaient certains partis. Ils ont certainement et naturellement un niveau d’instruction plus élevé et ils sont ouverts et connectés au monde. Servir à ces jeunes une offre politique faite à base des mêmes ingrédients qu’il y a 15, 20 ou 30 ans aboutirait probablement aux mêmes résultats. En revanche, il est fort probable qu’ils soient plus réceptifs à un discours vraiment authentique, sincère, sans démagogie ni tentative d’idéologisation. Un discours qui, en fait, les responsabilise au lieu de les infantiliser.
Et pour responsabiliser les jeunes, il faudrait peut-être commencer par leur dire quelques vérités de la manière la plus simple : ne pas voter le jour J n’est pas la manière la plus efficace de désavouer les politiques car la chaise vide ne donne pas de facto le droit à la revendication. Mettre un bulletin blanc, en revanche, est l’expression active de cette volonté de changement.
Ou encore, comme autre vérité, que les jeunes sont naturellement, d’un point de vue démographique, le futur du Maroc et qu’ils ont le choix entre prendre part activement à dessiner leur propre avenir ou laisser d’autres décider pour eux.