Palestine, 64 ans de larmes et ce n’est pas fini

Les Palestiniens ont été traités tour à  tour comme des êtres inférieurs, comme des terroristes, comme des barbares et comme des incapables.

20 septembre 2011, l’Assemblée générale des Nations Unies aura à se pencher sur une demande bien particulière : celle de l’adhésion de la Palestine en tant que 194e Etat membre de l’ONU. Forts d’un large soutien, les Palestiniens sont pratiquement assurés d’obtenir plus que les deux tiers de votes positifs nécessaires. Sauf que, dans le système des Nations Unies, le nombre ne fait pas la force. La force s’appelle Conseil de sécurité, la force s’appelle droit de veto, ce joker, symbole par essence de la non-démocratie qui régit le système mondial et qui est mis entre les mains de nations dites «démocratiques». L’Etat de Palestine ne verra pas le jour, ce 20 septembre-ci, car les Etats-Unis opposeront leur droit de veto. Ils en avaient annoncé la couleur le 8 septembre déjà, à travers un communiqué de leur département d’Etat dans lequel on pouvait lire: «Les Etats-Unis sont opposés à une démarche des Palestiniens à New York pour essayer d’établir un Etat qui ne peut être obtenu que par la négociation. Donc oui, si quelque chose vient à être voté au Conseil de sécurité, les Etats-Unis opposeront leur veto».

29 novembre 1947, le plan de partage de la Palestine élaboré par l’UNSCOP est approuvé par l’Assemblée générale de l’ONU, à New York, par le vote de la résolution 181. Ce plan prévoyait la partition de la Palestine en trois entités, avec la création d’un État juif et d’un État arabe, Jérusalem et sa proche banlieue étant placées sous contrôle international en tant que corpus separatum.

Entre les deux dates, près de 64 ans se sont écoulés. 64 ans au cours desquels les Palestiniens ont été traités tour à tour comme des êtres inférieurs, comme des terroristes, comme des barbares et comme des incapables. Tout sauf un peuple ayant le droit de fonder une nation, reconnue pourtant par cette même ONU dont la résolution 181 consacre le plan de partage. Dans le monde version 2011, les Etats-Unis estiment que l’établissement de l’Etat de Palestine ne peut être obtenu que par la négociation, alors que c’est un droit. Dans le monde de 2011, Israël, ce petit Etat de 7 millions d’habitants, est le seul au monde qui est capable de dire non à la première puissance mondiale et de s’en gargariser. C’est la seule nation qui s’est permis d’ignorer 34 résolutions votées par le Conseil de sécurité des Nations Unies. C’est la seule nation qui pratique le terrorisme d’Etat et le crime préventif.

Avec tout cela, même avec la plus grande sagesse au monde, la plus large tolérance, l’esprit le plus démocratique, comment voulez-vous que l’on ne soit pas anti-israélien et anti-américain ?