Pacte de bonne gouvernance

Le Souverain a procédé à une redéfinition des règles
du jeu : faites votre travail et je veillerai personnellement à ce que
vous le fassiez comme il se doit.

Il y a encore quelques mois, beaucoup se posaient avec insistance la question de savoir où va le Maroc. Beaucoup aussi avaient besoin de sentir quotidiennement que le pays était fermement pris en main. Après le discours du Trône du 30 juillet 2003, on peut dire que la question ne se pose plus.
De manière franche et surtout claire, le Souverain a (re)tracé la voie et pris les rênes de la destinée du Maroc, en rappelant à ceux qui l’avaient oublié qu’il était temps pour eux d’assumer leurs responsabilités.
Mohammed VI a secoué le cocotier. Le projet de société bâti sur la démocratie, la justice, le respect des droits de l’Homme, la solidarité et le développement économique et social n’avance pas assez vite car ceux qui sont chargés de le mettre en oeuvre font peu ou pas assez. Parfois même, ils n’ont rien fait.
Le discours du Trône fera date. Par sa forme, d’abord, puisque le Souverain n’a pas hésité à pointer du doigt, sans détour, les maux qui rongent le Maroc. Par son contenu, ensuite, puisqu’il marque un passage : celui d’une époque où les acteurs politiques et économiques bénéficiaient d’une grande marge de manoeuvre à une autre, où leur liberté sera assortie d’un contrôle rigoureux.
Si le Souverain a tenu à rompre avec la démarche responsabilisatrice qu’il avait adoptée lors de son accession au Trône, il y a quatre ans, c’est pour mettre un frein au «relâchement dans la gestion des affaires publiques» . Le Roi a laissé faire, sans doute dans le but de libérer les énergies, mais le résultat n’a pas été celui escompté. Le résultat est l’immixtion de la politique dans la religion, les mosquées clandestines, les bidonvilles qui naissent au vu et au su de l’administration, le système d’enseignement «générateur de chômage et d’ostracisme», la lenteur des décisions concernant des questions vitales pour le pays, et la léthargie qui se nourrit du terreau des périodes inter-électorales.
Aujourd’hui, le Roi a procédé à une redéfinition des règles du jeu. Il propose un pacte à tous ceux et celles qui ont un rôle à jouer dans la gestion des affaires publiques, pacte qu’on pourrait résumer ainsi : faites votre travail, je continuerai à faire le mien mais, en plus, je veillerai à ce que vous vous acquittiez bien de vos missions. On ne peut être plus clair.