N’est pas communicator qui veut

Qui s’occupe de la communication officielle du Maroc ? Qui gère son image ? Personne ou encore tout le monde,
ce qui revient au même : un message incohérent.

Il y a trois semaines, une équipe de la chaà®ne américaine CNN était en visite au Maroc pour réaliser une émission sur les réformes politiques entreprises par le Maroc. A la veille de son départ, l’équipe n’avait encore rencontré aucun officiel. Quel traitement la chaà®ne réservera-t-elle au Maroc ? Il est trop tôt pour répondre mais nous serons certainement sur un registre allant du moins bon au mauvais. Dans le meilleur des cas, le Maroc aura raté une occasion de se vendre à  l’étranger. Dans le pire des cas, bien sûr, son image sera écornée. Le cas n’est pas isolé. dans leur traitement du Maroc, les médias étrangers ont leurs petites habitudes et leurs affinités. Qui avec les responsables du ministère de l’intérieur, qui avec ceux des affaires étrangères, qui avec les conseillers du souverain, et qui encore avec des journalistes ou des membres de la société civile. Résultat, nonobstant les positions éditoriales des médias en question, le message qui passe n’est pas le même concernant un même thème. Cela, bien sûr, quand le message passe, et ce n’est pas souvent le cas. Exemple récent : dans une démarche qu’il faut saluer, le ministère de l’Intérieur a produit un rapport en bonne et due forme sur les cas de décès parmi les Subsahariens clandestins. L’information est passée inaperçue, parce que mal relayée. Certes, chacun de ceux qui s’efforce de communiquer au nom de la maison Maroc y va armé de bonnes intentions, mais l’art de la communication ne consiste pas à  tout dire, certaines informations doivent prendre le pas sur d’autres et toutes les vérités ne sont pas bonnes à  dire. C’est comme cela partout dans le monde, et surtout quand il s’agit de la communication d’un Etat. Question alors : qui s’occupe de la communication officielle du Maroc ? Qui gère son image ? On serait tenté de répondre qu’en toute logique il revient au ministère de la Communication d’assumer cette responsabilité – puisque, justement, il s’occupe de communication. Sauf que ce serait trop facile de jeter la pierre à  un département dont le budget de fonctionnement est de 9 MDH… Moins que ce que dépense une PME en publicité seulement. Le fait est que, tout simplement, le Maroc n’a pas de stratégie de communication, pas de coordinateur en la matière, pas de scénarios de communication de crise. On ne s’improvise pas «communicator», il faut des professionnels pour cela, ou, à  tout le moins, quand on reste dans le chapitre de l’amateurisme, il faut un amateur en chef.