Milano 2015

Milano 2015. L’expo universelle, qui s’ouvre dans la capitale lombarde le 1er mai pour durer jusqu’au 31 octobre, constitue une des plus belles vitrines pour les pays du monde entier.

Pour le Maroc, c’est là une fenêtre de rêve de six mois qui s’ouvre pour un rayonnement maximal. 10 millions de visiteurs au moins sont attendus dont 2 millions voire plus vont très probablement transiter par le pavillon Maroc.

Et le projet de participation du Maroc à cette expo universelle recèle des ingrédients qu’il faut peut-être examiner et méditer de plus près.

D’abord, le choix de concevoir le pavillon du Maroc autour de la thématique des saveurs est probablement la meilleure manière de marquer et de se démarquer. Car les saveurs constituent bien un des éléments distinctifs du Maroc comme le font ressortir souvent les sondages auprès des touristes étrangers.  

Et comme l’avait si bien énoncé David Ricardo au XIXe siècle déjà, le meilleur moyen d’avoir des avantages comparatifs est de s’appuyer sur ce qui nous distingue, ce que l’on sait faire mieux que les autres et qui ne peut être reproduit ailleurs.

C’est donc à juste titre si l’équipe qui pilote la participation marocaine à l’expo Milano 2015, avec comme chef d’orchestre le ministère de l’agriculture, a décidé d’en profiter pour faire voyager les visiteurs à travers les saveurs de nos terroirs.

Ensuite, dans la conduite de cette opération et au lieu d’arriver avec un schéma établi ailleurs et prêt à l’emploi, les organisateurs ont choisi de laisser s’exprimer des talents pour qu’ils traduisent leur Maroc à eux. Le résultat est surprenant par sa beauté certes mais aussi et surtout par son degré d’authenticité qui reflète bien la diversité et la richesse de notre pays. Un grand maître de la cuisine marocaine pure et dure, une paysagiste imprégnée de la tradition millénaire des vergers et oasis, un architecte ancré dans les formes géométriques du Maroc profond, le tout mis en scène par des professionnels du spectacle, cela ne peut que donner de bons résultats.

Bien entendu, donner la liberté aux talents ne peut réussir que si, de l’autre côté, on s’est assuré au préalable que le travail a été confié à des professionnels compétents.  De même, cette alchimie ne peut fonctionner sans l’esprit d’équipe car c’est le collectif qui permet les synergies et donc la création de valeur.

Enfin, l’équipe en charge du projet semble avoir bien compris que l’emballage est parfois aussi important que le contenu et que sans marketing l’œuvre restera inachevée. Au final, aussi petite et éphémère soit-elle, l’expérience est une reconstitution miniature mais très intéressante des ingrédients sur lequel pourrait être construit de manière durable le modèle Maroc : la libération des talents, la compétence et le professionnalisme, le travail d’équipe et, enfin, l’accompagnement marketing pour vendre le tout. Il y a certainement des enseignements à en tirer.