Mais encore ?

Une réforme plus globale est en gestation. Le scénario d’un départ à la retraite plus retardé et de hausse des cotisations ne saurait être évité. Il en va de la pérennité même du régime. Au point que les syndicalistes le confirment. C’est dire la gravité de la chose.

Cela fait douze longues années que la CNSS n’a pas augmenté d’un copeck ses pensions retraites. Aujourd’hui, il y a un processus de revalorisation qui s’enclenche. Un accord de principe vient d’être obtenu à la mi-juillet. Reste à l’entériner en décembre, lors du prochain conseil d’administration pour une entrée en vigueur effective début 2020.
De combien serait cette revalorisation tant attendue ? 5% à peine, assujettie, si la proposition est retenue, à une augmentation minimale de… 100 DH.

Disons-le d’emblée. Ce n’est pas avec une telle augmentation que le pouvoir d’achat des retraités CNSS s’améliorera. Les données de la caisse le confirmeront : la pension de retraite moyenne s’établit à 1961 DH par mois et un quart des retraités CNSS touche une pension inférieure à 1000 DH par mois. Le calcul peut être vite fait. Ça ne casse pas trois pattes à un canard.

Pour le moment, c’est le seul pas en avant que la caisse ait pu concéder sur ce sujet, elle qui vit avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête : le déséquilibre financier et l’épuisement des réserves. Une revalorisation des pensions sans changement des paramètres du régime accéléra le rythme de cette menace réelle (voir notre article en page 12).
A ce casse-tête de financement des retraites de la CNSS s’ajoutent de nombreuses problématiques autres dont les niveaux très bas des salaires (40% des salariés touchent moins que le SMIG), la discontinuité des déclarations (seul un quart des salariés est déclaré toute l’année), le plafonnement des cotisations à 6 000 DH et des pensions à 4 200 DH… Aussi haut soit le salaire et aussi longue la durée des cotisations, le retraité n’a droit qu’à ces 4 200 DH.

Dans ces conditions, une réforme plus globale est en gestation. Le scénario d’un départ à la retraite plus retardé et de hausse des cotisations ne saurait être évité. Il en va de la pérennité même du régime. Au point que les syndicalistes le confirment. C’est dire la gravité de la chose.