Les bienfaits de la diversification

Le moment fort de cette semaine est incontestablement la visite royale en Chine. Une visite qui, comme toutes les autres, est l’occasion pour les deux pays de renforcer et donner du tonus aux relations bilatérales et à tous les niveaux. En atteste le partenariat stratégique signé mercredi dernier à Pékin.

Cela dit, et au-delà de sa portée bilatérale, cette visite vient confirmer, s’il en est encore besoin, la démarche et la philosophie de ce nouveau Maroc qui, d’abord, n’a strictement aucun complexe à s’auto-challenger en allant se mesurer aux grandes puissances et aux économies les plus performantes de la planète.

Au milieu des années 2000, quand les négociations de l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis battaient leur plein, beaucoup de voix s’élevaient de temps à autre pour mettre en garde contre les menaces qu’un tel accord pouvait présenter pour nous. Aujourd’hui il n’en a rien été. L’économie marocaine ne s’est pas effondrée, au contraire, elle ne s’en est que mieux portée, même si tout le potentiel du marché américain n’est pas encore exploité.

Un pays qui ambitionne et n’a pas peur de jouer dans la division supérieure aux côtés des grands est un pays qui a confiance en lui, en ses atouts, ses ressources, un pays qui croit en ses femmes et ses hommes.   

La philosophie de ce nouveau Maroc est également basée sur le partage des bénéfices et l’éternelle devise gagnant/gagnant. C’est qu’un partenariat entre deux pays ne se mesure pas seulement aux volumes des importations et exportations.

La Chine est venue faire sa promotion en Afrique à plusieurs reprises et ses entreprises y sont déjà très présentes, y compris dans de grands projets au Maroc. Les responsables chinois ont probablement saisi et compris le rôle et la place qu’occupe le Maroc sur le continent. Ils ne peuvent pas ne pas y voir une opportunité pour eux et pour leur économie. C’est le cas aussi pour le marché européen et américain pour lesquels notre pays peut constituer le hub parfait.

Et puis, les jeux troubles et incompréhensibles auxquels s’adonnent parfois certains pays qui se disent partenaires, les petites misères et menus chantages des autres, tout cela fait que le Maroc a compris depuis longtemps tout le danger de rester captif de quelques alliances et, donc, la nécessité de s’ouvrir sur de nouvelles. Les multiples déplacements du Souverain à travers le monde, en Afrique, en Inde, en Russie, dans les pays du Golfe, sans parler des classiques comme les Etats-Unis et l’Europe, sont la nouvelle marque de fabrique de ce Maroc qui, tout en préservant ses amitiés historiques, s’active à élargir son rayon d’action, à diversifier ses partenaires en se donnant, au passage, une formidable visibilité à l’international.