Le dernier mot revient aux lecteurs et à  la loi !

Dans ses deux précédentes éditions, datées du 7 et du 14 janvier, La Vie éco s’est fait l’écho des difficultés rencontrées par de nombreux industriels des textiles-habillement après la fin du démantèlement de l’Accord multifibres (AMF).

Dans ses deux précédentes éditions, datées du 7 et du 14 janvier, La Vie éco s’est fait l’écho des difficultés rencontrées par de nombreux industriels des textiles-habillement après la fin du démantèlement de l’Accord multifibres (AMF). La manière dont notre journal a traité cette question, l’importance qu’il lui a consacrée, la lecture qu’il en a faite, ont suscité (entre autres) des réactions violentes qui méritent explications et commentaires.
La Vie éco a en effet rapporté des propos recueillis par ses journalistes auprès d’industriels. Ces propos ont été le plus souvent cités entre guillemets. Nous en avons rapporté moins de la moitié et, pour tout dire, nous nous sommes permis d’atténuer parfois l’extrême pessimisme dont certains de nos interlocuteurs faisaient montre, estimant qu’ils parlaient peut-être sous le coup de l’émotion.
Nous avons donné la parole, à notre demande, au ministre du Commerce et de l’Industrie. Nous avons rapporté à nos lecteurs tout ce qui, à nos yeux, méritait de l’être.
Ces deux éditions de La Vie éco ont entraîné un déchaînement d’accusations et de propos diffamatoires à l’égard de notre journal dont certains nous ont été exprimés directement et d’autres recoupés par nos soins. En gros, La Vie éco aurait «orchestré une campagne» contre les textiles marocains. Notre journal serait, «pour une très large part, responsable des difficultés» actuelles du secteur. Il aurait été «préférable de présenter une vision plus optimiste» des choses, d’insister sur les opportunités plutôt que sur les difficultés.
Bien entendu, les invectives, les violences verbales, les tentatives d’intimidation ne nous impressionnent pas. Nous savons bien que «ce qui est excessif est insignifiant». La Vie éco n’a de comptes à rendre qu’à ses lecteurs. Et à la loi.
La Vie éco n’est pas responsable de la manière dont les industries textiles communiquent, ni de leur image. Il y a des gens qui sont désignés ou élus pour cela. Nous faisons par contre notre travail en essayant d’être aussi fidèles que possible à la réalité. Insistons : «autant que possible». Car dans notre métier, il y a une part de subjectivité et, comme disait Hubert Beuve-Méry, fondateur du Monde : il n’y a pas d’objectivité, il y a une subjectivité désintéressée.
En l’occurrence, dans le cas des textiles, nous serions extrêmement heureux d’être démentis par les faits.
Les temps ont changé. Quand on n’est pas d’accord avec ce qu’écrit un journal, c’est très simple, on lui adresse un droit de réponse, un démenti et la loi lui fait obligation de les publier. Dans le cas des textiles, il suffisait de prouver le contraire de ce que nous avons avancé, par exemple à travers des enquêtes chiffrées qui auraient montré que le secteur se porte bien. Et le tour était joué (et La Vie éco discrédité).
Contre un journal, on peut également recourir à la loi quand on estime que celle-ci a été violée par la publication. A l’heure où nous écrivions ces lignes, nous n’avons rien vu de tel.
Le dernier mot revient donc aux lecteurs et à la loi.
En conclusion, La Vie éco maintient avoir fait son travail en respectant les règles professionnelles. Elle a bousculé des intérêts privés, ce qui a entraîné des réactions peu élégantes qui ne nous impressionnent pas. Nous continuons notre travail de la même manière. Sans rancune et bonne chance pour le secteur ! .