Le déclic…

Cette semaine, en marge d’une séance de questions-réponses avec les députés, le gouvernement, en la personne de son Chef, a réitéré et confirmé, s’il en était encore besoin, sa détermination à s’attaquer frontalement à des dossiers et des secteurs problématiques nécessitant des réformes depuis belle lurette.

Après l’enseignement et la protection sociale généralisée, un autre grand chapitre est aujourd’hui ouvert : la santé. Et, au vu de ce qui a été présenté, cette fois-ci il semble que le plan d’action soit bel et bien précis, chiffré en termes de budget, planifié dans le temps avec des objectifs clairs et mesurables. Une réforme sérieuse de la santé sera probablement lourde, complexe, mais elle n’est pas insurmontable, en dépit de toutes les difficultés, notamment l’ampleur du déficit à rattraper. L’histoire récente des politiques publiques au Maroc recèle d’exemples de réformes qui paraissent, depuis toujours, presque impossibles à réaliser, dans des secteurs en situations parfois désespérées mais qui ont finalement été mises en œuvre avec, à la clé, des résultats probants, quelques années plus tard.

L’instauration de l’assurance maladie obligatoire, le rattrapage en l’espace de dix ans du déficit en infrastructures, la relance d’un secteur agricole qui était pendant des années donné pour irrécupérable ou encore la reconfiguration de l’industrie, en sont autant d’exemples. Sur le plan social, autre illustration, le Maroc affichait il y a à peine 20 ans un taux d’analphabétisme avoisinant les 60% ! Et beaucoup s’y résignaient, en y voyant une fatalité que seules pouvaient résorber la courbe démographique et la mortalité. Le Maroc a choisi la solution de l’action menée de manière volontaire et rigoureuse avec la mise sur pied d’une instance ad hoc chargée du dossier. Le fléau a été réduit de plus de la moitié.

La santé elle-même recèle de preuves de succès, notamment en matière de vaccination. Une politique publique réussie commence par la réponse à une, et une seule, question : la volonté.

Ensuite, mis à part les prérequis classiques nécessaires dont les moyens humains et matériels, d’autres ingrédients sont décisifs pour l’aboutissement de toute réforme. Et, visiblement, ils sont aujourd’hui réunis : la vision, la capacité d’imaginer des solutions en totale rupture avec le passé et, le plus important, le feu vert, l’appui et le suivi permanent de SM Mohammed VI pour une réforme aussi vitale. La suite dépendra donc de celles et ceux chargés de la mise en œuvre sur le terrain. Le chemin le plus long commence par un premier pas…