Le citoyen institution

Au delà de la gravité des chiffres quotidiens sur la situation épidémiologique, et surtout de cette récente et brutale flambée, le pire qui puisse arriver serait de se rendre compte que l’arrêt de l’économie pendant trois longs mois n’aurait servi à rien, si ce n’est de détruire des emplois et des entreprises.

Ceci n’est pas le cas aujourd’hui. Et tout le monde devrait faire en sorte que cela n’arrive plus jamais. Tous les sacrifices qui ont été consentis, les efforts fournis depuis le mois de mars n’auront véritablement de sens que si leurs effets sont durables et l’amélioration de la situation irréversible.
L’éclosion ces derniers jours de foyers importants çà et là peut inquiéter mais elle doit surtout constituer un voyant d’alerte. Les irruptions épidémiologiques finiront par être contenues, cernées pour en limiter la propagation. Mais les efforts de lutte ne seront jamais suffisants à eux seuls pour la lutte de manière efficace.
Les pouvoirs publics, les administrations, les entreprises publiques et privées, les soignants, les agents d’autorité, la grande majorité des Marocaines et des Marocains…, tous ont contribué et rempli leur part du contrat. Jusque-là. La suite ne dépendra que de la seule conscience et de la discipline des citoyens. Plus de 20 000 tests par jour est un chiffre plus que respectable que peu de pays ont pu réaliser. Des masques et des produits de désinfection en quantités suffisantes et même plus dès les premiers jours de la pandémie est une chance salvatrice que des millions, voire des milliards de citoyens à travers le monde n’ont pas eue. Les fonds collectés et mobilisés en un temps record, plus de 33 milliards de DH, pour faire face à la crise sanitaire et la bonne gestion des aspects logistiques pour approvisionner les marchés ont permis très tôt de tranquilliser les Marocains qui ont abordé la longue période d’arrêt d’activités et de confinement avec la plus grande sérénité et sans réellement s’inquiéter, ni se ruer sur les étalages comme cela s’est vu ailleurs.
Tout ce qui a été fait depuis mars constitue un volume d’acquis à la valeur inestimable qui n’a d’égal que les milliers de vies qui auraient pu être perdues si rien n’avait été fait à temps. Ces acquis auront également de la valeur dans les mois qui viennent si l’économie marocaine arrive à les capitaliser pour redémarrer plus rapidement…
Tous ces sacrifices collectifs n’ont de sens que s’ils sont préservés et exploités. Mais cela ne dépend plus ni des pouvoirs publics, ni des décideurs, ni des entreprises, ni des banques, ni d’autres institutions mais seulement et exclusivement d’une seule institution : le citoyen…