Le capital confiance

Après un premier compact de 700 millions de dollars, le Millenium Challenge Corporation (MCC) a décidé d’accorder au Maroc une deuxième ligne de 450 millions de dollars.

Une enveloppe conséquente que le gouvernement ne manquera pas d’exploiter au moment où il est justement en train de finaliser le montage financier pour le grand programme à caractère social initié récemment par le Souverain pour apporter des réponses urgentes aux déficits de certaines régions.

Le budget d’un tel programme a été estimé à quelque 50 milliards de DH sur plusieurs années. La manne des 450 millions de dollars tombera donc au bon moment. Mais au-delà, la décision de l’Administration américaine, dont on connaît la rigueur, de rempiler avec le Maroc, est un signe de satisfaction quant à la manière et la transparence avec lesquelles le Maroc a géré le premier compact. C’est aussi et surtout un signe de confiance vis-à-vis du Maroc et de son avenir.

Tout comme pour les partenaires institutionnels et les bailleurs de fonds internationaux, cette confiance est tout aussi primordiale pour la communauté des affaires et les investisseurs aussi bien marocains qu’étrangers. Et il ne suffit pas de le dire pour rassurer. La confiance est une résultante qui se construit avec la contribution de tous.

L’Administration et l’Etat marocain y contribuent quand ils démontrent, élections à l’appui, que la construction démocratique est une option irréversible, que le Maroc est un pays d’institutions, que son projet de régionalisation avancée est sérieux et réel. Les entreprises marocaines y contribuent quand elles se lancent dans de grands projets d’investissement à coup de milliards de dirhams, ce qui suppose de facto qu’elles font confiance et croient en leur pays. Les citoyens eux-mêmes contribuent à construire cette confiance quand ils vont en masse aux urnes et expriment leur volonté de prendre part à la gestion de leurs affaires.     

La confiance est la résultante aussi d’une ambiance de sécurité et de sérénité. La virée récente en voiture improvisée par le Souverain à Tanger avec son illustre invité, le Président François Hollande, a fait le buzz. Signe de simplicité et de spontanéité d’un Roi ? Assurément mais pas seulement. Un chef d’Etat qui se balade seul au volant de sa voiture sans protocole et sans dispositif de sécurité est aussi un gage de confiance.

Le message est d’autant plus fort venant du Maroc, un pays qui se trouve dans une région qui n’en finit pas depuis des années de patauger dans des turbulences sans précédent.

Maintenant, au même titre que les préoccupations d’ordre économique et social, l’autre priorité du Maroc pour les années à venir devrait être de préserver et d’augmenter ce capital confiance.