La CNSS pour «ma bonne»

On peut même copier les idées du voisin pour résoudre nos
problèmes, mais arrêtons de chercher des solutions pour vivre avec
nos difficultés au lieu de les combattre.

On entend trop souvent dire que le Maroc, pays pauvre, pourrait faire beaucoup s’il en avait les moyens. On oublie qu’il y a des pays qui ont fait beaucoup, sans les avoir, ces moyens.
Une bonne idée ne coûte pas forcément de l’argent, elle coûte surtout de l’imagination, de l’effort et de la volonté. Avons-nous cette volonté ? Bien souvent, quand elle existe, c’est au stade des bonnes intentions qu’elle s’arrête.
Pourtant, il en est qui vont plus loin. Quels sont par exemple les moyens d’un secrétariat d’Etat à la jeunesse ? Dérisoires, et tout le monde le sait, comme tout le monde sait qu’il n’ont pas varié depuis des années. La seule différence, et elle est de taille, c’est que l’actuel ministre en charge de la jeunesse a eu l’idée d’envoyer 100 000 jeunes en colonie de vacances avec aussi peu de moyens. Pourquoi cela n’a-t-il pas été fait auparavant ?
Ce n’est là qu’un exemple, mais il démontre que l’argent n’est pas la solution à nos problèmes. Il existe des milliers de solutions qui ne demandent qu’à être sérieusement appliquées.
Prenons un autre exemple, celui des employées domestiques que nous appelons communément les «bonnes». Au Maroc, elles travaillent sans bénéficier de droits ni d’avantages salariaux, et ce depuis des décades. Une solution a-t-elle été envisagée ? En France, l’Etat vous donne la possibilité de déclarer votre bonne et de lui payer un petit quelque chose au titre des cotisations sociales. En contrepartie, vous avez le droit de déduire la moitié de ce que vous versez (salaire + cotisations) de votre revenu imposable. De la sorte, vous augmentez votre revenu – parce que, de toute façon, vous auriez bien payé cette bonne – et votre employée de maison bénéfice d’une couverture sociale. En France, on appelle cela le travail à domicile et il s’étend aux chauffeurs, gardiens, nurses… Un moyen de réduire le chômage tout en créant des emplois formels.
Chez nous, et au vu du faible salaire octroyé à nos bonnes, la moitié déductible sur laquelle le fisc enregistrerait un manque à gagner, n’affecterait pas grandement les revenus de l’Etat.La mesure pourrait donc être transposée.
Moralité de l’histoire, les bonnes idées ne manquent pas. Et à la limite, on peut même copier celles du voisin et les adapter chez nous si cela doit résoudre le problème. Mais arrêtons de chercher des solutions pour vivre avec nos problèmes au lieu de les combattre.