La Baracka

Qu’a-t-on donc fêté ce mercredi 5 novembre ? C’est davantage la fin de l’ère Bush qui a été applaudie que le début de l’ère Obama.

Un grand ouf de soulagement a parcouru la planète ce mercredi 5 novembre lorsque fut annoncée la victoire de Barack Obama aux 44e élections présidentielles américaines. Un peu comme si l’on avait élu un nouveau président du monde.

Un peu partout, si peu porté que l’on fût sur la politique, on s’est surpris à suivre en temps réel le coloriage de la carte des Etats-Unis par petits morceaux bleus et rouges.

Pourquoi cet enthousiasme planétaire ? A chacun ses ressorts. Dans les pays sous-développés ou émergents, l’homme de la rue se prend à rêver devant ce miracle : un homme, encore inconnu il y a deux ans, et qui force aujourd’hui l’admiration pour avoir accédé au rang de dirigeant le plus puissant du monde.

Pour ce citoyen, Obama représente inconsciemment la victoire de l’opprimé sur l’oppresseur, l’abolition au plus haut niveau du préjugé racial. Il y a un an encore, personne n’aurait misé un dollar sur Obama.

Tout le monde pensait que le combat présidentiel opposerait sans doute Rudolph Giuliani, ex-maire de New York, à l’époque du 11 Septembre 2001, et la sénatrice Hillary Clinton, épouse de l’ancien Président.

Pour les gouvernements et les Etats ce sont huit années d’une politique américaine marquée par l’arrogance, l’unilatéralisme et le mépris des autres nations dont la page est enfin tournée.

Enfin, pour les Américains eux-mêmes, c’est la fin de la dérive d’une administration autoritaire, entachée par des scandales de corruption et qui a foulé aux pieds les droits de l’homme et le meilleur de l’idéal américain.

Qu’a-t-on donc fêté ce mercredi 5 novembre ? C’est davantage la fin de l’ère Bush qui a été applaudie que le début de l’ère Obama. John Mc Cain, le candidat perdant, aurait-il fait un si mauvais président ? Rien ne permet de le penser.

Tout comme rien n’indique que le futur locataire de la Maison blanche tiendra toutes ses promesses. L’Amérique, traumatisée par le 11-Septembre et la crise mondiale de septembre 2008 n’a pas voulu prendre de risques.

Elle a voté pour le changement et le changement était incarné par les démocrates. Georges W. Bush aura été le meilleur ennemi des républicains.
Concrètement, que changera l’arrivée du nouveau président ? Sans doute pas grand-chose dans l’ordre mondial.

La politique étrangère des Etats-Unis sera sans doute moins agressive, mais elle se poursuivra, dans ses grandes lignes. Mais, dans un contexte de morosité économique, le monde avait besoin d’exorciser ses démons, de se remettre à espérer. Pour cela, beaucoup comptent sur la…Baracka.