Intelligence collective

Le partenariat public-privé, plus connu sous son célèbre acronyme PPP, gagnerait à  être élargi à  la gouvernance et à  la gestion des affaires publiques.

Jusque-là, le PPP a fait surtout ses preuves quand il s’est agi de réaliser des montages compliqués pour de grands projets structurants pour le pays. De nombreuses réalisations ont été rendues possibles grâce au travail en bonne intelligence de l’administration et du secteur privé. Les grandes stratégies sectorielles qui marchent aujourd’hui au Maroc sont en grande partie adossées à des joint-ventures public-privé. Le secteur public apporte généralement ses moyens matériels, notamment le foncier, mais agit aussi à travers ses missions régaliennes comme la législation et l’assouplissement des textes de lois pour lever les entraves réglementaires et faciliter l’avancement des chantiers. Le secteur privé, lui, apporte évidemment sa part de l’investissement en fonds, son expertise métier mais aussi et surtout son mode de gestion qui est axé sur le résultat, la performance, la profitabilité. Mais ces dernières années, le public et le privé ont démontré qu’ils pouvaient aussi bien fonctionner ensemble en matière de gouvernance et d’échange de compétences. L’amélioration sensible du climat des affaires au Maroc n’est ni plus ni moins que le fruit d’un travail étroit de l’administration avec les représentants du monde des affaires.

Des ministres, de hauts fonctionnaires, des patrons de grandes entreprises publiques et même des walis ou gouverneurs issus du secteur privé ont très souvent démontré que la chose publique, jadis réservée, peut être confiée à des managers et réussie avec la mentalité du privé. Et les résultats sont parfois spectaculaires. Le dernier cas en date, pour ne citer que lui, est celui du patron de l’Office des changes qui, avant d’en prendre la direction, avait fait le plus gros de sa carrière dans le privé. Cela ne l’a pas empêché de réussir une petite révolution dans cette institution qui représentait depuis des décennies le modèle type de l’administration publique sclérosée. Et le contraire est tout aussi vrai. On a vu ces dernières années de hauts fonctionnaires se convertir avec succès en managers au sein de grandes entreprises de la place. Combien de fois d’anciens patrons du privé, quand ils prennent fonction à la tête d’administrations, ont affirmé en public leur agréable surprise de découvrir dans le public des talents et des compétences insoupçonnés.

A contrario, l’histoire récente est pleine d’exemples de secteurs entiers qui ont pâti par manque de collaboration entre le privé et l’administration.

Au vu des challenges et des grandes réformes qui nous attendent, fonctionnaires et managers sont condamnés à travailler réellement et en bonne intelligence pour la même et seule entreprise qu’est le Maroc.