Incarner le modèle

Une avancée majeure est aujourd’hui actée au Maroc en matière de service public et des prestations rendues au citoyen : la légalisation de signatures auprès des arrondissements et à laquelle aucun Marocain n’échappe, va très bientôt être dématérialisée et digitalisée. Dans la foulée, le ministère de l’intérieur a également accéléré l’autre procédure rituelle du citoyen, à savoir la certification des copies conformes. Fini donc les gros registres où sont consignées les signatures, la paperasse et surtout aussi l’affluence devant les guichets des arrondissements. Une grande avancée pour les usagers, certes, puisqu’ils seront les premiers à tirer bénéfice en termes d’amélioration de la qualité du service public. Certes. Mais une telle évolution est également l’occasion pour l’administration, en plus de s’améliorer, de libérer ses ressources des tâches fastidieuses, lourdes et sans valeur ajoutée, pour les allouer à des missions plus productives. Au moment où la transition numérique a été presque irréversiblement retenue comme une orientation majeure, un département lui étant entièrement dédié, l’administration, elle, est appelée à jouer un rôle plus évolué que celui, classique, de la force publique. Le process de transformation enclenché dans tous les domaines et les réformes lourdes exigent que l’administration publique devienne davantage une dynamo de la transformation à travers de la planification, l’accompagnement et la facilitation. Avec des effectifs et des ressources libérés de «corvées» à l’ancienne, l’appareil public peut et doit donner à son action un contenu avec plus de valeur ajoutée.

L’État est naturellement le déclencheur des politiques publiques, économiques et sectorielles. C’est connu aussi : le secteur public, toutes catégories confondues, est aujourd’hui, et de loin, la première locomotive du pays en termes d’investissements avec, en 2022, quelque 245 milliards de dirhams.

Or, il a été établi que l’enclenchement d’une nouvelle dynamique exige d’inverser la structure de l’investissement avec un volume privé qui représenterait le double de celui public.

Une nouvelle charte, des incitations, des encouragements et des programmes publics…, tout cela fonctionnera de manière optimale si l’administration et ses agents font leur mue et décident d’incarner désormais eux-mêmes le nouveau modèle…