Hamas, meilleur ami d’Israël

Plus de 200 morts d’un côté contre un seul mort de l’autre… Le bilan du drame qui se déroule actuellement à  Ghaza se passe évidemment de tout commentaire.

Parce que les forces en présence sont en total décalage. Du côté de l’Etat hébreu, une armée professionnelle, bien formée et, grâce à la bienveillance américaine, équipée de moyens de dernières technologies que même de grands pays ne possèdent pas encore. Cela n’est un secret pour personne et encore moins pour les Palestiniens.

Et justement, face à cette armada, que trouve-t-on du côté palestinien? Les milices du Hamas utilisant des équipements et des moyens rudimentaires, qui passent leurs journées à lancer des missiles vers le territoire israélien, le tout enveloppé dans le spectacle et la théâtralité. Mais le fait est que presque 9 missiles sur 10 sont détruits avant même d’atteindre leur cible. Pourquoi face à cette réalité, pourtant éclatante, les responsables du Hamas s’entêtent-ils à vouloir absolument en découdre avec les armes alors que, sur le terrain, eux-mêmes savent pertinemment qu’ils sont battus depuis longtemps ? Pourquoi poursuivent-ils dans cette voie suicidaire même s’ils voient qu’au final ce sont plus les civils, y compris les enfants, les personnes âgées et les femmes qui paient de leur vie ?
Aujourd’hui, il est évident que seules les négociations peuvent permettre de résoudre le litige, encore plus quand on est en position de faiblesse comme le Hamas. Le cas iranien est une belle démonstration dans ce sens. Quand les gouvernants de Téhéran ont enfin décidé de mettre de côté leur bombage de torse qui a duré des décennies pour discuter sérieusement avec la partie adverse, les événements se sont accélérés. En quelques semaines de pourparlers seulement, l’Etat iranien a pu réaliser des avancées plus que ce qu’il n’a fait en trente ans d’escalade et d’animosité.
Trente années dont le lourd tribut est payé par le peuple iranien. Le pays y a lui aussi perdu sur tous les plans, notamment économique et en termes d’appuis au plan international.
Aujourd’hui, le Hamas est sur cette voie surtout avec la montée inquiétante du terrorisme qui prend l’islam comme couverture. Entre les milices de Ghaza et celles officiant en Irak et en Syrie, l’amalgame est vite fait, ce qui rend encore plus service à l’Etat d’Israël dans sa stratégie éternelle de victimisation.

Il est étonnant qu’après plusieurs décennies, des mouvements comme Hamas, qui se présentent comme étant les pires ennemis de l’Etat sioniste, n’aient pas encore compris qu’ils sont en fait ses meilleurs «amis» dans le sens où ils le renforcent. Ce n’est pas un hasard si l’une des pires périodes dans l’histoire d’Israël est celle où le Hamas et le Fath étaient unis dans l’OLP… En tout cas, les Israéliens, eux, ont compris depuis très longtemps que Hamas doit continuer d’exister pour avoir une Palestine divisée…