Grande ville cherche maire

Les images de la ville de Tétouan sous les eaux sont venues raviver les souvenirs encore tout frais des Casablancais de la première semaine noire de janvier.

 

Et voilà que l’on se rappelle, par la même occasion, de la prestation médiocre et honteuse des élus de la métropole, à leur tête Monsieur le maire qui n’a trouvé pour seule défense que de se désolidariser de l’opérateur en charge des réseaux en lui mettant exclusivement tout sur le dos. Car ce qui semblait être le plus urgent à ses yeux n’était pas tant de résoudre le problème et d’apporter aux citoyens l’assistance nécessaire en pareille situation, mais seulement de soigner et sauver son image dans l’immédiat et dans une logique purement politicienne. La preuve, aujourd’hui plus personne n’a plus entendu parler du maire ni des élus qui l’entourent ni de ce qui a été fait à la suite de l’épisode de janvier dernier, ni des résultats de l’enquête qu’ils avaient annoncée en fanfare et encore moins des recommandations ou actions décidées pour que cela ne se reproduise plus.
Plus récemment, un autre événement de taille à Casablanca, bien que passé inaperçu, est venu confirmer tout cela. Il y a quelques jours, pour les besoins des travaux des deux nouvelles lignes du tramway, le gestionnaire délégataire des réseaux d’eau potable était dans l’obligation d’opérer ce que les professionnels des travaux publics appellent des déviations de réseaux. Il s’agit en fait de déplacer les conduits et tuyaux enterrés d’eau potable et d’assainissement à cause du tracé de la voie du tramway. Ces déviations nécessitaient des travaux de presque 24 heures d’affilée et, surtout, une méga coupure en alimentation d’eau potable pour pas moins d’un million d’habitants. Du jamais vu à Casablanca. Pour une opération aussi délicate et critique, la moindre des choses de la part des élus aurait été de faire, ne serait-ce qu’un acte de présence sur les lieux du chantier et de faire, au moins, semblant de s’enquérir de la bonne marche des travaux. Il n’en a rien été. Pendant les presque 24 heures qu’a duré cette opération sans précédent et qui comportait des risques sur l’alimentation en eau potable pour un million de Casablancais, aucune trace ni du maire ni des élus et autres adjoints et agents qui gravitent autour de lui. Et cette fois-ci, il ne peut pas évoquer, comme pour les inondations, l’effet de surprise et le caractère imprévu. L’opération était programmée et annoncée des semaines à l’avance.
Il est vrai aussi que, quand bien même un million de Casablancais seraient concernés, une telle opération n’avait aucun enjeu ni attrait pour un politicien. A quoi bon dépenser son énergie…