Euphorie de campagne…

Au fur et à mesure que les partis dévoilent leurs plans de bataille pour les élections du 7 octobre, et au gré des programmes, voilà qu’on se retrouve subitement en pleine ambiance d’euphorie économique.

Et pour cause, quand on scrute les propositions, promesses et autres objectifs de nos partis, il s’en dégage un optimisme dont, certes, la communauté a grandement besoin. Mais peut-on prendre vraiment pour argent comptant tout ce que nous ont exposé jusque-là les experts des partis ? La question se pose notamment pour ce qui est de la croissance économique. Les programmes qui ont été dévoilés jusque-là sont très audacieux. Ainsi, à en croire nos politiques, entre 2016 et 2021, notre économie devrait réaliser au bas mot une croissance de 3,5%, tandis que certains ont avancé des taux de 8%. Sur papier, on ne peut que s’en féliciter, d’autant plus que, comme on l’a vu chez presque tous les partis, de majorité comme d’opposition, ces prévisions de croissance sont, nous dit-on, basées sur des calculs assez complexes et des raisonnements on ne peut plus scientifiques. Tout cela pour dire qu’il ne s’agit pas d’hypothèses lancées en l’air mais réellement de chiffres «réalisables». Mais peu de partis, en revanche, se sont aventurés plus loin pour décortiquer cette croissance, par secteurs ou par filières, pour nous dire où ils comptent la puiser. D’autant plus que l’on finira 2016 sur une toute petite croissance de 1,2%.

Dans les programmes, on s’est retrouvé également avec des annonces très alléchantes en matière de création d’emplois. Là aussi, et si l’on se fie à nos partis, sur la période 2016 à 2021, il devrait se créer au Maroc pas moins de 150 000 emplois par an. Certains ambitieux ou hâbleurs sont allés jusqu’à promettre 200 000 par an. Des chiffres à comparer avec les 5 dernières années où il s’en est créé un peu moins de 50 000 emplois par an. Nos partis nous promettent donc que, subitement, notre économie, à partir de 2016, va être en mesure de créer trois à quatre fois plus d’emplois qu’elle ne l’a fait durant ces 5 dernières années. Comment comptent-ils procéder ? Et quelles recettes miracle vont-ils mettre en œuvre ? Mystère…

Certes, il ne faut pas compter sur les partis pour dévoiler leurs armes secrètes. Mais bien plus que ça, peu de partis s’aventureraient à parler de mesures concrètes qui, bien que vitales, pourraient s’avérer impopulaires. Si le PJD, par exemple, avait fait part en 2011 de son intention d’imposer la fameuse contribution pour la cohésion sociale sur les salaires, des pans entiers de l’électorat de la classe moyenne, qui en a le plus souffert, auront probablement réfléchi deux fois avant de jeter leur bulletin dans l’urne…