Diplômé chômeur professionnel

C’est un véritable réseau d’obédience qui s’est développé aujourd’hui autour de la question des diplômés chômeurs. objectif ultime : l’administration, quitte à  avoir un diplôme bidon… même si on travaille déjà  dans le privé.

Le chef du gouvernement l’a récemment annoncé : l’opération exceptionnelle de recrutement sans concours, par l’administration, de 4 300 diplômés chômeurs, que son prédécesseur avait concédée en 2011 ne sera pas rééditée. Or, voilà que l’on découvre qu’un engagement pris par la précédente Primature, portant sur l’admission d’une autre fournée de sans-travail, aux mêmes conditions, avait été signé en juillet 2011. Si tel est le cas, il faut que ce gouvernement remplisse les engagements de celui qui l’a précédé, au nom de la continuité de l’Etat.  

Au-delà de cet engagement, la décision du chef du gouvernement est la bienvenue et la fermeté devient aujourd’hui nécessaire pour contrer un système qui a créé des dérives incroyables.
Aujourd’hui, l’Etat se trouve face à une population de diplômés dont le seul objectif est de trouver un travail dans l’administration, et non pas ailleurs. Une population qui a bien compris qu’en profitant des espaces de liberté que lui confère la loi, elle pouvait camper devant le Parlement, les ministères et les wilayas, occuper l’espace public pour faire pression sur l’Etat et l’acculer à agir en dépit de la rationalité en accueillant dans ses effectifs des personnes qui ne sont pas toujours valables pour les postes disponibles. Ainsi a-t-on pu voir, en 2011, des offices et ministères refuser de recruter certains de ces 4 300 enrôlés au motif légitime qu’ils n’avaient pas les compétences nécessaires. Peut-on leur en vouloir ?

Mais il y a pire, aujourd’hui pour bénéficier de cette force que représentent les diplômés chômeurs, il faut s’inscrire sur des listes et qui dit sélection, dit pouvoir, qui dit pouvoir dit… argent. Le système est devenu d’une telle perversité qu’aujourd’hui, au sein de certaines facultés on conseille aux étudiants des filières non prometteuses de ne pas trop fournir d’efforts et de veiller à s’inscrire sur les listes pour un jour bénéficier d’un emploi dans la fonction publique. On entretient ainsi la machine à fabriquer des diplômés chômeurs analphabètes qui plus est. Les professeurs sont blasés ou ont peur de ces hordes d’étudiants qui ont pris en otage les universités, alors ils ferment les yeux, élargissent les mailles du tamis, accentuent le taux de réussite qui ira grossir la foule devant le Parlement. Ou encore, on découvre aujourd’hui que certains d’entre ces soi-disant diplômés travaillent déjà dans le privé et sont inscrits sur les listes des postulants à un job dans l’administration. Qu’avez-vous dit ? Oui, mafia est bien le terme…