De grà¢ce, du concret

Les patrons, mais également le gouvernement, et les syndicats aussi, doivent donner au concept de négociation une autre connotation que les rapports de force, la surenchère et le marchandage. en somme, un vrai partenariat.

Les patrons vont rencontrer le chef du gouvernement mercredi prochain à Casablanca. C’est une bonne chose pour entamer la rentrée des affaires et pour donner de la visibilité aux entreprises. La démarche en soi est donc fort louable, certes. Mais il ne faut pas en faire une simple réunion de formalité bonne à s’y échanger les impressions. La rencontre de la rentrée entre le gouvernement et le patronat doit désormais devenir une tradition, un véritable rendez-vous de travail.

Et pour que c’en soit un, les uns et les autres doivent venir à cette réunion avec des dossiers, des propositions, en somme : du concret. Lors de ses précédentes rencontres avec les entreprises, le chef du gouvernement s’en était tenu à des déclarations d’intention. Cela peut se comprendre, et encore, dans la mesure où le gouvernement venait à peine de s’installer et n’avait eu quasiment aucune emprise sur la Loi de finances 2012. Mais il n’a plus cette excuse pour la prochaine rencontre. Le chef du gouvernement devra venir cette fois non seulement pour rassurer la communauté des affaires mais surtout pour donner un aperçu sur l’état d’avancement des chantiers que ses ministres sont censés avoir entamé dans différents secteurs. En principe, plus de huit mois après sa prise de fonction, l’équipe de Benkirane doit avoir mûri la réflexion et dépassé la phase de prise de connaissance des dossiers.

De son côté, la CGEM doit aussi profiter d’une telle rencontre pour se repositionner en tant que force de proposition plus active. Faire des doléances chaque année pour la Loi de finances n’est pas suffisant. C’est même réducteur pour le patronat. Défendre les intérêts des entreprises ne se résume pas seulement à quémander chaque année des avantages fiscaux. Certes, c’est important mais ce n’est pas tout.

La CGEM peut défendre les entreprises en améliorant d’abord leur image auprès des autres partenaires et de l’opinion publique de manière générale.
Les patrons, mais également le gouvernement, et les syndicats aussi, doivent donner au concept de négociation une autre connotation que les rapports de force, la surenchère et le marchandage. En somme, un vrai partenariat.