Culture de débat

Le débat d’idées est salvateur quels que soient le domaine et la nature du sujet en question.

Le face-à-face très intéressant qui dure depuis quelque temps entre deux grands commis de l’Etat, en l’occurrence le patron de la banque centrale et l’économètre statisticien en chef patron du HCP, est exactement le genre de débats dont a grandement besoin le Maroc aujourd’hui, aussi bien sur la forme que sur le fond. Au vu de leur long parcours et pour avoir accumulé une très longue expérience aux affaires, les deux hommes savent de quoi ils parlent et savent comment en parler. N’en déplaise à certains observateurs ou médias friands de la polémique aux relents creux, le débat n’est pas du niveau de férocité ni de virulence qu’ils rechercheraient pour vendre. Donc pour les sensationnalistes et chercheurs de la critique destructive gratuite, on dira circulez, ce n’est pas votre rayon.

En revanche, pour tous les autres, la communauté des affaires, les contributeurs sérieux, les esprits constructifs et positifs, ce genre de débat sereins, posés, scientifiques, rationnels sont à dupliquer sans modération dans tous les domaines. Il y a quelques semaines, l’opinion publique avait intensément interagi avec l’affaire d’une journaliste interpelée pour cause d’avortement. Pétitions, manifestations de solidarité, forums de discussions et autres formes de réactions ont foisonné.

Pour quels résultats ? Rien ou presque, à part, peut-être, de continuer à nourrir le climat de scepticisme national. Pourquoi ? Parce que tout simplement les règles, les normes et le cadre du débat ne sont pas posés dès le départ. Du coup, le débat devient anarchique quand ce n’est pas du pugilat. Et dans tout cela, les sujets centraux et éminemment sociétaux ont été relégués à l’arrière-plan pour laisser place au populisme et aux discours haineux de part et d’autre.
Les débats auxquels devront se livrer des centaines, voire des milliers de Marocaines et de Marocains dans les semaines qui viennent au sujet du modèle de développement et de société dessineront le Maroc des 50 prochaines années. Il n’y aura pas de place dans cette réflexion à la parole légère, à la surenchère politicienne ni à toute autre forme de manipulation. Il s’agit du Maroc que nous allons toutes et tous léguer à nos enfants et non pas d’une bataille électorale ou d’une course aux postes et positions.

La conclusion est simple : Chacun doit prendre pleinement et assumer publiquement ses responsabilités, accepter la diversité d’opinions et avoir le courage de faire sa propre autocritique, le tout avec une seule et unique finalité qui est la recherche de l’amélioration collective.