Crash-test

«A quelque chose malheur est bon», dit l’adage. L’année 2020, et dans une moindre mesure 2021, constituent une occasion idéale pour mettre l’économie à l’épreuve. Ce crash-test grandeur nature a permis de détecter les secteurs les plus exposés aux risques mais aussi d’identifier les plus résilients.

Cela permettra, à terme, de reconfigurer l’économie de sorte à ce qu’elle soit la moins fragile possible par rapport aux chocs extérieurs.

Les secteurs les plus exposés aux risques sont évidemment ceux liés à la demande étrangère plus qu’au marché domestique. Ce n’est pas pour autant qu’il faut s’en détourner ou les négliger. Au contraire, la demande étrangère étant naturellement plus importante que la domestique, ces secteurs d’activités sur lesquels s’est positionné le Maroc, depuis longtemps pour certains et plus récemment pour d’autres, doivent être renforcés et surtout préparés à faire face à de tels chocs. Et il y en aura à l’avenir. Les préparer peut se faire à travers des dispositifs de secours qui permettraient à ces industries d’adapter leur production à la conjoncture, voire de se reconvertir momentanément. Cela veut dire qu’une industrie telle que l’automobile, par exemple, peut parfaitement aujourd’hui reconfigurer (même partiellement) son outil pour adresser le marché local. Du moins provisoirement, le temps que la situation des marchés mondiaux revienne à la normale.

Des secteurs comme celui de l’habillement et textile ou encore le tourisme et l’hôtellerie tenaient eux aussi dans cette crise une occasion idéale pour amorcer un redéploiement durable de leurs marchés cibles. Ils sont tous deux fortement tributaires de l’étranger au moment où il y a une demande locale importante et solvable qui n’est pas correctement adressée.

A l’opposée, la crise a aussi permis de mettre en valeur la capacité de résilience d’autres secteurs. C’est le cas, entre autres, de l’écosystème des phosphates et de ses dérivés. Ou encore de l’agriculture, l’agroalimentaire au moment où, paradoxalement, la récolte cette année est à son plus bas niveau. Une preuve, soit dit en passant, que le secteur agricole s’est autonomisé par rapport à la céréaliculture.

Des activités relatives à l’innovation, à la recherche, au développement et aux nouvelles technologies ont elles aussi enregistré de belles percées. Certains industriels ont pu développer de nouveaux produits liés aux domaines de la santé et du médical et qui peuvent constituer des gisements de valeur pour l’avenir.
Qu’ils soient nouveaux ou classiques, c’est autour de tels secteurs résilients aux chocs extérieurs qu’il faudrait peut-être penser à construire dans les années à venir de grands écosystèmes avec un maximum de valeur intrinsèque créée localement par des PME marocaines pour le marché marocain en priorité. Un potentiel considérable de richesses et d’emplois pour les décennies à venir.