Comme si de rien n’était…

Voilà  presque un mois, SM le Roi prononçait, à  l’ouverture de la session d’automne du Parlement, un discours où il a relevé la mauvaise gouvernance dont souffre Casablanca.

Voilà presque un mois, SM le Roi prononçait, à l’ouverture de la session d’automne du Parlement, un discours où il a relevé la mauvaise gouvernance dont souffre Casablanca. Et le blâme royal s’adressait directement et explicitement aux élus d’abord pour ne pas dire exclusivement car le Souverain a bien souligné dans son allocution que la voirie, l’éclairage public, l’assainissement, la propreté et tous les aspects de la gestion d’une ville relèvent de la responsabilité des élus locaux et non pas de l’administration centrale ou des ministères. Avec tout cela, et presque un mois après cette injonction de la part de la plus haute autorité du pays, nos élus n’ont visiblement pas encore l’intention de bouger. C’est à peine si on nous signale çà et là une réunion convoquée en catastrophe, une séance de travail et autres rassemblements de circonstance sans suite.

Depuis le discours royal, ni la commune ni les élus n’ont rien entrepris de spectaculaire. Pas un geste! Pas une seule opération, hormis la convocation des entreprises chargées du ramassage d’ordures qui ont  été priées de faire correctement leur travail.

Pour comprendre la réalité et l’origine des problèmes, il n’y a pas mieux que de voir combien le quotidien des Casablancais est rendu difficile à cause de ridicules histoires.
Il y a quelques semaines, les habitants d’un quartier du centre-ville découvrent le matin un individu étendu en pleine rue à même le sol presque nu et dans un état de délabrement avancé. Le lendemain matin l’homme était toujours là. Estimant son état alarmant, les habitants décident de faire appel aux forces publiques.

Ils commencent par appeler la police. Une patrouille fait le déplacement, constate la situation mais repart sans rien faire, en se contentant d’annoncer aux habitants que le cas n’est pas de son ressort. Dans la soirée, on décide de faire appel à la Protection civile. Même résultat: les pompiers arrivent avec leur ambulance, leurs beaux habits et leur arsenal, font le tour de la question et des lieux et repartent en opposant aux riverains le même constat: nous ne sommes pas concernés.

Le lendemain, c’était au tour des services de la commune de venir pour repartir en reproduisant le même scénario. Le troisième jour, nos habitants ont eu la chance de tomber sur une personne, qui connaissait une autre personne qui, elle, par le truchement d’une connaissance, avait une vague relation avec un haut responsable de la wilaya. Il s’en est fallu d’une brève communication téléphonique pour que dans la demi-heure qui suive, un fourgon frappé d’un «M» rouge rapplique sur les lieux pour transporter le SDF dans un état presque comateux.
Cette histoire résume à elle seule le vrai drame de Casablanca : la fuite des responsabilités !